Société

Recrudescence des accidents de circulation d’Avril à juin 2026 : Des campagnes de sensibilisations pour rien ?

Le constat est triste. D’avril à juin 2026, les accidents de la circulation continuent de faire des ravages à travers le pays. Au moins neuf accidents majeurs recensés dans plusieurs localités ont provoqué plus de 150 victimes et fait au minimum 21 morts. Un bilan déjà lourd, auquel s’ajoutent des dizaines de blessés graves. Une situation qui emmène à se demander finalement à quoi servent les nombreuses campagnes de sensibilisation ?  

Le mois d’avril a commencé sous de mauvais auspices. Le 3 avril, sur l’autoroute du Nord, à hauteur du PK 272 entre Yamoussoukro et Bouaké, un grave accident faisait 45 blessés. Trois jours plus tard, toujours sur l’autoroute du Nord, à N’Zianouan, trois personnes perdaient la vie. Le 21 avril, un policier trouvait la mort sur l’axe Sinématiali-Korhogo. Une semaine après, à Tanou Sakassou, près de Brobo, une sortie de route d’un camion transportant marchandises et commerçants faisait 51 victimes et deux décès.

Accident du 3 avril 2026 sur l’autoroute du nord

Recrudescence

Le 10 mai, un convoi funèbre revenant de funérailles est impliqué dans une violente collision au carrefour Anyama-Écimé. Trois personnes meurent sur le coup. La veuve, grièvement blessée, succombe quelques jours plus tard. Comme un symbole cruel. Le 15 mai, sur l’autoroute du Nord au PK 53, une collision entre un car de transport en commun et un véhicule particulier fait deux morts et quinze blessés. Le 25 mai restera également marqué par deux drames. À Daloa, un car transportant des passagers se renverse à la sortie de Zépréguhé après une manœuvre d’évitement sous la pluie. Trois personnes meurent et dix-sept autres sont blessées. Quelques heures plus tôt, sur l’autoroute du Nord au PK 274, une collision entre un camion et une remorque transportant du bétail fait cinq morts. À Séguéla, un motocycliste de 33 ans perd la vie après une collision entre deux motos.

L’accident qui a eu lieu sur la Y4

Le vendredi 5 juin 2026 entre Mahapleu et Danané un accident de circulation a fait six morts et neuf blessés. Enfin, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026, sur la Nationale A3, précisément au niveau du carrefour de Darakokaha, dans la sous-préfecture de Fronan, une collision d’une rare violence entre un camion-benne et un camion porte-char a couté la vie à trois personnes. Tandis qu’une quatrième victime a été grièvement blessée.

Non-respect du code de la route

Ces accidents n’ont rien d’une fatalité. Les rapports des forces de sécurité, des pompiers et des services de transport pointent presque toujours les mêmes causes : imprudence, vitesse excessive, dépassements dangereux, non-respect du code de la route, absence de casque ou encore mauvais état de certains véhicules. Le paradoxe est frappant. Au moment même où ces drames se multiplient, les autorités mettent en avant les résultats encourageants des campagnes de sensibilisation et de l’opération « Tolérance Zéro ». Les chiffres officiels parlent d’une baisse des accidents et des décès. Mais sur le terrain, le sentiment est tout autre. Chaque semaine apporte son lot de victimes et de familles endeuillées.

Une vue de l’accident qui s’est produit à Zérépéguhué

Hécatombe

À Man, plus de 214 blessés ont déjà été enregistrés en seulement six semaines. Dans le Haut-Sassandra, les autorités ont recensé 145 accidents en quarante-cinq jours. À Adzopé, 113 accidents ont été enregistrés au premier trimestre. Partout, les mêmes alertes reviennent. Partout, les mêmes comportements persistent. Le problème n’est plus seulement celui des infrastructures ou des contrôles. Il est devenu culturel. Trop de conducteurs continuent de considérer les règles de circulation comme de simples recommandations. Beaucoup prennent la route sans casque. Pendant que plusieurs véhicules circulent sans les conditions minimales de sécurité.

L’épave du car après l’accident à Mahapleu

Campagne

Les campagnes de civisme ont permis de communiquer. Mais elles n’ont pas encore réussi à provoquer le choc comportemental attendu. Les morts continuent de tomber, les blessés continuent de remplir les services d’urgence et les routes continuent de se transformer en pièges mortels.

À force d’entendre les mêmes messages sans voir les comportements changer, une question finit par s’imposer : combien faudra-t-il encore de cercueils pour que le civisme routier cesse d’être un slogan et devienne enfin une réalité ?

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