Société

Indénié-Djuablin : voici comment des pratiques présumées de racket font le jeu des orpailleurs illégaux. Le récit d’un témoin oculaire

Le témoignage d’un usager, régulier de l’axe Abidjan-Abengourou-Agnibilékrou, parvenu à la rédaction de www.letau.net ce 18 août, sur des pratiques présumées de racket au corridor d’Abengourou, éclaire d’un jour nouveau, le phénomène de l’orpaillage illicite dans notre pays.

Sous les initiales de S.S.B., cet usager de l’axe Abidjan – Abengourou – Agnibilékrou qu’il emprunte régulièrement, fait des révélations sur le racket présumé au corridor d’Abengourou, 207 km d’Abidjan, dans l’Est de la Côte d’Ivoire. Des voyageurs, sans document d’identification, parviennent à franchir les contrôles, moyennant espèces sonnantes à des agents des forces de sécurité. Le dispositif composé d’éléments de police, gendarmerie, Douanes, Eaux et Forêts, semblent avoir d’autres priorités. Entre 2025 et 2026, notre homme affirme avoir assisté à trois scènes similaires, alors qu’il voyageait dans des cars de la compagnie du Groupement des Transporteurs de l’Indénié ( GTI). Le mode opératoire, selon son témoignage, est presque toujours le même. Des voyageurs ouest-africains, passent les contrôles contre 1 000 à 2 000 FCFA par personne. Lors de l’une de ces scènes, quatre hommes voyageaient ensemble. L’un d’eux, présenté comme le « chef » du groupe, a pris directement langue avec l’agent dédié au contrôle. « Il a remis 5 000 FCFA au policier, au vu et au su de tous. L’agent ne leur a même pas demandé de présenter leurs pièces d’identité. », fait-il savoir. Avant d’ajouter : « J’ai eu le cœur meurtri. Nos forces de l’ordre ne se cachent même pas pour faire cela. »,

Des pratiques qui pour lui, justifient l’ampleur de l’orpaillage illicite dans l’Indénié-Djuablin, notamment autour d’Abengourou et d’Agnibilékrou où, le phénomène attire de nombreux ressortissants de pays frontaliers.

Le témoin redoute ainsi que ce laxisme profite non seulement à des orpailleurs clandestins, mais aussi, potentiellement, à des contrebandiers, braqueurs, repris de justice ou membres de groupes armés. Il ne présente pas cette hypothèse comme un fait établi. Il alerte sur le risque de voir des individus aux profils inconnus circuler sur le territoire sans véritable traçabilité. Son inquiétude est d’autant plus grande que, selon lui, les pratiques observées ne semblent ni clandestines ni exceptionnelles.

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