Société

Divo : L’Instituteur qui fait mieux que l’Etat

Entre les grands discours, les milliards annoncés et les réalités du terrain, il y a décidément un vrai décalage. Pendant qu’on brandit des statistiques en trompe l’œil et des, ce sont parfois de simples instituteurs qui se transforment en bâtisseurs pour offrir une école digne à leurs élèves.

Le 31 décembre 2024, dans son adresse à la Nation, le Président Alassane Ouattara dressait un bilan rassurant des infrastructure éducatives. Selon lui, le nombre de collèges et lycées publics est passé de 294 en 2011 à 902 en 2024. Mieux, 2025 devait voir la construction de quinze lycées de jeunes filles et d’une centaine de collèges de proximité.

Acquis

‎Le 9 février 2025, le ministère de l’Éducation nationale sur son site Internet, rappelait que les infrastructures scolaires de qualité constituaient une priorité du gouvernement. Les classes en matériaux précaires ? Un héritage du passé, assura-t-il, auquel l’État s’emploie à mettre fin. Sur le papier, tout est parfait. Cependant la réalité du terrain est tout autre. Autrement dit le terrain, prend le terrain le contre-pied des discours officiels.

Reconnaissance

‎Le 28 juillet 2026, sur sa page Facebook on aperçoit Nguessan Koffi, ministre de l’Éducation national entrain de rendre hommage à Agnimel Jean-Honorat Yed, Directeur de l’Epp N’Guessan-Kouassikro dans la sous-préfecture d’Ogoudou. Grâce à son engagement personnel et à sa capacité de mobilisation, une école de fortune est devenue un établissement moderne avec douze salles de classe, des bureaux, des toilettes et même un projet de logements pour les enseignants.

Rôle

‎L’homme mérite des encouragements. Personne ne dira le contraire. Mais derrière cette belle histoire il faut tout de même se demander pourquoi faut-il qu’un instituteur se substitue à l’’Etat. Ou se transforme en collecteur de financements et un maître d’ouvrage pour que des enfants de la République au même titre que tous les autres disposent d’une école digne de ce nom ? Est-ce désormais la nouvelle fiche de poste des enseignants ? Enseigner le matin, chercher des partenaires l’après-midi et construire des écoles le week-end ?

Action publique

‎Avec un budget 2026 du ministère de plus de 1 563 milliards de francs CFA, dont plus de 408 milliards hors dépenses de personnel, les Ivoiriens sont en droit de se demander pourquoi des initiatives individuelles prennent le pas sur les politiques publiques de développement ?

Héros

‎Au-delà du héros qui mérite la reconnaissance de toute la nation, pour sa conscience professionnelle aigue, cette histoire apparait comme le révélateur d’une réalité. Lorsqu’un enseignant est obligé de se retrousser les manches pour offrir un cadre d’apprentissage décent, à ses apprenants, il ne s’agit plus d’un simple acte de dévouement. C’est le symptôme d’un système éducatif sclérosé en panne d’imagination et failli ! ce pays mérite mieux que des discours creux et vaseux.

‎Finalement, en Côte d’Ivoire, le vrai miracle de l’école publique, est à rechercher en dehors des budgets annoncés en grand renfort de publicité. Il se trouve entre les mains de ces enseignants qui ont décidé de faire de leur métier un sacerdoce. Refusant de regarder leurs élèves évoluer dans des conditions d’apprentissage approximatives. bien entendu cela n’empêchera pas les hauts fonctionnaires v entre bedonnant, joues arrondies, teints cirés, de prononcer leurs traditionnels discours. Devant les projecteurs et les micros de la télévision nationale.  Comme on dit à Abidjan, « quand le travail est fini, les propriétaires des chaussures propres viennent toujours devant ».

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