Société

Bocanda, Buyo, Yamoussoukro – Lutte contre l’orpaillage illégal : des gendarmes se transforment en orpailleurs et pilleurs

Des représentants de la loi qui décident de faire carrière dans  le fléau qu’ils sont censés combattre à Bocanda, Buyo et Yamoussoukro. Voilà l’une des facettes de la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, ces dernières années.

Dans une déclaration conjointe relative à la problématique de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, produite le 31 août, l’Alliance pour la Gouvernance Inclusive des Ressources Naturelles (le RÉSEAU-AGIR), un regroupement de 14 Organisations de la société civile pointait du doigt “la complicité d’agents de l’État” dans la persistance de l’orpaillage illégal.

Les révélations du confrère Ivoir’Hebdo dans son édition n°271 du 8 au 14 septembre 2026, sous la plume d’Elvire Ahonon enfoncent le clou. Selon l’hebdomadaire, dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 septembre 2026, à Aloko Kouakoukro et Tokro, dans le département de Bocanda, quatre gendarmes engagés dans le démantèlement des sites d’orpaillage sont retournés sur leurs pas. Non pour achever leur mission mais exploiter un filon. Pour la circonstance, ils se sont attachés les services de cinq creuseurs burkinabè. Manque de pot, les jeunes qui veillaient au grain, les ont surpris en pleine activité. Trois des gendarmes ont été maîtrisés ainsi que les “ clandos “ qui sont remis à la brigade de gendarmerie de Bocanda. Le quatrième qui a réussi à s’échapper est sous le coup d’un mandat de recherche pour désertion et complicité d’orpaillage illégal.

L’affaire qui se trouve désormais entre les mains du parquet du Pôle pénal économique et financier d’Abidjan, suite à la plainte déposée par le village de Tokro, constitue le dernier épisode d’une série d’actes répréhensibles posés par les agents engagés dans la lutte contre le fléau.

16,4 millions FCFA portés disparus

En juillet dernier à Buyo, dans la région de la Nawa, S., un opérateur économique affirme avoir perdu la somme de 16,4 millions de francs CFA lors d’une opération menée en juillet par des éléments du GS-LOI. La fouille de son commerce, selon son témoignage, a été effectuée en son absence. À la suite de ce préjudice, il  s’est rendu au commandement supérieur de la Gendarmerie nationale pour porter plainte.

Mis en cause à Yamoussoukro

En 2023 à  Yamoussoukro, B. V., un commerçant de nationalité ghanéenne installé dans la capitale politique raconte que des hommes en civil se sont présentés à son domicile, le 23 mars. Avant de revenir armés. Deux de ses employés, K.M. et K. Y. C.  ont été menottés. Le commerçant explique que des renforts sont ensuite arrivés. Ils se sont présentés comme des gendarmes. Dans sa déclaration consignée dans un procès-verbal de constat des lieux dressé, le 28 mars que www.letau.net a pu consulter, on peut lire que B.V  “ a retrouvé son domicile complètement saccagé, pillé et vidé, toutes ses marchandises, tous ses biens en nature et en numéraires ont été emportés, son coffre-fort qui (…) contenait la somme de seize (16) millions de francs CFA plus 250 grammes d’or a été vidé, la somme de un (1) million de francs CFA a été emporté dans le tiroir de son bureau, puis dans le placard de sa chambre à coucher, la somme de trente-cinq (35) millions de francs CFA ont également été emportés soit le montant total de cinquante-deux (52) millions de francs CFA en espèces. Son sac contenant ses papiers d’identité, ses cartes bancaires et des chéquiers.”

L’opérateur économique a également signalé la disparition de bijoux, téléphones, ordinateurs, appareils électroménagers, vêtements, documents et autres biens, ainsi que celle d’un véhicule Kia Sportage immatriculé 6495 JT 01.

Tolérance zéro

Face à ces écarts de conduite, la hiérarchie de la Gendarmerie nationale affiche la fermeté. Le commandant supérieur, le général Apalo Touré, a donné des instructions pour une tolérance zéro envers les agents impliqués dans l’orpaillage illégal. Pour sa part, le ministère de la Justice a réaffirmé, lui aussi, qu’aucune complicité ne sera tolérée.

La lutte contre l’orpaillage illégal n’a pas fini de déballer son lot de surprises.

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