L'Editorial

… c’est dans l’eau qu’on le tue !

Un proverbe godié, peuple krou du littoral ivoirien, constate que lorsqu’un homme aime le poisson, c’est dans l’eau qu’on le tue. Pareil pour celui qui ne vit que pour la distraction.

La Côte d’Ivoire est un pays formidable. Bien que la vie n’y soit pas toujours facile ni évidente pour la majorité des citoyens, on ne s’y ennuie pas. Enfin presque. À chaque semaine, son buzz, qui relègue à la périphérie les questions existentielles essentielles. Le divertissement permanent est-il devenu une politique publique non déclarée ? En tout cas, il réussit, semaine après semaine, à tenir le rythme et la cadence.

Alors que le prix du carburant, en ce début de mois d’août, donne le tournis, les préoccupations semblent à l’ouest. Toutes tournées vers les préparatifs de la commémoration de la fête de l’(in)dépendance. En ligne de mire, cette distribution gratuite d’alcool annoncée dans le programme des festivités. En termes d’innovation, cela relève du génie ! On n’arrête plus le progrès au paradis.

Le temps de sortir de l’ivresse qui se profile, on sera à la deuxième semaine du mois d’août. Et la hausse, elle, aura trouvé son chemin pour s’incruster dans le portefeuille du consommateur. Comme l’huile de ricin que faisaient boire nos mamies à leurs petits-enfants par un tour de passe-passe dont elles avaient le secret. Rien de tel pour faire avaler des couleuvres à qui n’en veut pas avec en prime, le sourire.

Un proverbe godié, peuple krou du littoral ivoirien, constate que lorsqu’un homme aime le poisson, c’est dans l’eau qu’on le tue. Pareil pour celui qui ne vit que pour la distraction. Facile de le noyer dans son passe-temps favori. Surtout que, chez nous, tout semble organisé pour faire percevoir la distraction plus confortable que la réflexion.

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