Economie

Conseil du Café-Cacao : révoqué en mars 2026, le discret retour de Kakou Dadié Arsène

Révoqué de son poste, en mars dernier, par le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Kakou Dadié Arsène apparaît de nouveau aux commandes d’un dossier stratégique. Une réintégration qui, contrairement à sa révocation, n’a fait l’objet d’aucune communication officielle.

C’est une signature qui n’est pas passée inaperçue. Le 25 septembre 2026, le mémorandum Nº 059-26/DD/RCI-KDA/TU/kd, émanant de Kakou Dadié Arsène, agissant en qualité de Directeur chargé des délégations régionales et de la commercialisation intérieure, était adressé aux délégués régionaux du Conseil du Café-Cacao (CCC). Comme objet, le document que www.letau.net a pu consulter portait la mention : « Traitement des stocks de cacao non tracés de la campagne 2025-2026 ». Bien évidemment, le signataire de ce mémorandum n’était autre que le susnommé.

Derniers développements de l’actualité

Sur le fond, il n’y a, en apparence, rien à dire sur ce mémorandum, qui relève des activités courantes d’un régulateur. Même si l’opinion publique se souvient que, le 5 août 2026, le Conseil du Café-Cacao (CCC) avait annoncé la fin de l’opération d’enlèvement des stocks résiduels.

Consulter le communiqué officiel : https://conseilcafecacao.ci/index.php?Itemid=18&id=1571&option=com_k2&view=item&utm

C’était sans compter sur les derniers développements de l’actualité dans la filière, avec le mot d’ordre de grève lancé par le Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), couplé à l’annonce du prix du kilogramme des fèves au Ghana.

Dans une saine appréciation de ces réalités, on peut comprendre que le Conseil du Café-Cacao autorise, « à titre exceptionnel », l’évacuation des stocks non tracés de la campagne 2025-2026 jusqu’à la mi-octobre. Une sorte de prolongation qui ne dit pas son nom. Bref !

Identité du signataire

Intéressons-nous un instant à l’identité du signataire. Officiellement révoqué en mars 2026, que s’est-il passé pour que Kakou Dadié Arsène retrouve de nouveau son poste ?

En effet, ce responsable avait été débarqué de ses fonctions par le Directeur général du CCC, Yves Koné. Officiellement, pour abandon de poste. Cependant, des indiscrétions évoquent sa gestion des stocks résiduels de cacao. Une information qui n’a fait l’objet d’aucune communication officielle, jusqu’à présent.

Dans une publication du confrère www.connectionivoirienne.net, en date du 22 mars 2026, sous le titre : « Côte d’Ivoire : La “réserve de prudence” du CCC, un trou noir à 1 200 milliards de francs CFA ? », on peut lire : « Face à la grogne, une première tête est tombée. Dadié Arsène, le puissant directeur chargé des délégations régionales et de la commercialisation intérieure, a été débarqué de son fauteuil. Un limogeage aux allures de sacrifice rituel pour protéger le sommet de la pyramide, alors que l’audit des fonds de stabilisation devient une exigence de plus en plus bruyante à Abidjan. »

Consulter l’article : https://connectionivoirienne.net/2026/03/22/cote-divoire-la-reserve-de-prudence-du-ccc-un-trou-noir-a-1-200-milliards-de-francs-cfa

Un retour d’autant plus discret que la révocation avait été actée. La réintégration semble s’être effectuée sans tambour ni trompette. Presque sur la pointe des pieds.

Une source interne a confié à www.letau.net que Kakou Dadié Arsène a repris ses fonctions en demandant au directeur général de formaliser son retour à travers une note interne. Une formalisation qui, à ce jour, n’est pas encore intervenue.

Dossier délicat

Le retour aux affaires du concerné, à son même poste, interroge la gouvernance du Conseil du Café et du Cacao. Le dossier des stocks de cacao non tracés de la campagne 2025-2026 apparaît comme délicat, avec une plainte devant la justice. « Estimant que les engagements pris dans le cadre d’un projet pilote de traçabilité de la production de cacao n’ont pas été respectés, un collectif de producteurs a assigné le directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC)… »

Lire l’article : Traçabilité du cacao : des producteurs contestent le CCC

Au CCC, on demande désormais aux fèves d’être traçables. Il serait peut-être temps d’en faire autant avec toutes les décisions administratives.

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