Economie

Cacao : suspicion de favoritisme autour de la gestion des 23 000 tonnes supplémentaires, l’OIA annonce un communiqué officiel.

Le feuilleton de la gestion des stocks résiduels de cacao est loin de connaître son épilogue. Bien au contraire, il prend une tournure de plus en plus sulfureuse, sur fond de suspicion de favoritisme dans l’attribution des 23 000 tonnes supplémentaires concédées par les autorités.

Au sein de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), un nom revient avec insistance dans les critiques : celui de son président, Diakité Siaka, dont la gouvernance est décriée. Malgré les principes de transparence affichés lors de la création de l’organisation, plusieurs administrateurs dénoncent aujourd’hui une gestion jugée opaque et centralisée. Selon des sources internes, les décisions clés seraient prises unilatéralement, reléguant les autres membres de l’interprofession à un rôle de figurants.

La sélection des coopératives bénéficiaires de cette seconde phase de validation des connaissements laisse transparaître, de l’avis desdites sources, du favoritisme et des logiques de proximité personnelle. Elles estiment que les structures retenues seraient majoritairement issues du cercle d’influence du président.

Conséquence : un climat de frustration grandissant au sein de l’organisation. Plusieurs délégués régionaux et administrateurs affirment assister, impuissants, à ce qu’ils qualifient, en sourdine, de « gestion autoritaire ».

Par ailleurs, des voix internes évoquent l’installation progressive d’un système parallèle, assimilé à une « mafia », au détriment des véritables producteurs. Rackets, prélèvements informels sur les volumes, copinage : les accusations sont lourdes et alimentent un profond malaise dans les 13 régions de production.

Ironie de l’histoire ? L’OIA, qui s’était montrée particulièrement critique vis-à-vis de la gestion des 100 000 tonnes précédemment confiées au Conseil Café-Cacao, se retrouve aujourd’hui à son tour accusée de pratiques similaires, voire pires.

Dans les zones de production, la défiance s’installe. Certains producteurs n’hésitent plus à qualifier l’organisation de « sangsue », en contradiction avec sa mission première : défendre leurs intérêts.

Le rôle de certains proches du président, notamment celui d’un vice-président influent, est également pointé du doigt. Des observateurs y voient déjà les prémices d’une recomposition du pouvoir interne, sur fond d’alliances stratégiques.

Pour en rajouter à ce climat de suspicion, une correspondance datée du 22 avril, adressée à « Monsieur le Président de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière café-cacao (OIA-CC) », que www.letau.net a pu consulter, indique : après examen, deux (2) listes ont été établies : la « liste des sociétés coopératives à décharger du groupe 2 », admises au déchargement, comportant 78 sociétés coopératives ; et la « liste des sociétés coopératives à réexaminer du groupe 2 », comportant des erreurs à corriger pour 23 opérateurs.

Joint au téléphone aux environs de 15h50, ce 23 avril, Obed Doua, le numéro 2 de l’OIA, a assuré qu’il n’existait aucun favoritisme dans la clé de répartition des 23 000 tonnes de cacao. Concernant les codes attribués à certaines coopératives dans le document transmis au Conseil Café-Cacao, il a reconnu qu’il s’agissait d’une erreur que l’interprofession s’emploie à corriger.

« Nous allons produire dans l’heure un communiqué officiel pour réagir et vous mettre à l’aise », a-t-il annoncé, un brin agacé.

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