
Ouattara, un homme verni
De la présidentielle d’octobre 2025 à la campagne cacaoyère dont le prix a été annoncé le 1er septembre, on remarquera que les événements se succèdent sans avoir prise sur sa gouvernance (…) Le président n’est comptable de rien. Rien ne lui est imputable… (L’homme a le derrière bordé de nouilles.)
Son successeur, avant même sa prochaine prise de fonction, a des soucis à se faire. Tout à fait ! Ce temps, tôt ou tard, finira par arriver. Sous son magistère à la tête de notre pays, les étoiles semblent alignées. Sous le prisme de l’actualité de ces deux dernières années, il faut se résoudre à l’évidence. L’homme a le derrière bordé de nouilles.
De la présidentielle d’octobre 2025 à la campagne cacaoyère dont le prix a été annoncé le 1er septembre, on remarquera que les événements se succèdent sans avoir prise sur sa gouvernance. « Je suis indéboulonnable », lançait-il en 2012 à ceux qui, chaque matin, rêvaient d’assister à sa chute depuis 2011.
Sa réélection à un quatrième mandat, dans un scrutin marqué par l’absence de plusieurs candidatures majeures, s’est déroulée sans crise politique comparable à celles qui ont marqué les scrutins de 1995 et 2000. De quoi écœurer Bédié et Gbagbo qui n’ont pas eu autant de bol. Le premier a vu son mandat écourté par une intrusion militaire à 10 mois de son terme, le 24 décembre 1999. Le deuxième, pour sa part, a dû faire face à une mutinerie qui s’est ensuite muée en rébellion, le 19 septembre 2002.
En 2008, l’intrépide Gbagbo se souvient des fortes tensions et des mouvements de protestation qui ont suivi une hausse des prix à la pompe du carburant. En 2010, le chef de file des Refondateurs a finalement a été contraint de faire marche arrière après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI).
Ces mêmes vents contraires produisent sur Alassane Ouattara le même effet que l’eau de pluie sur les plumes du canard.
La liberté d’expression et les droits humains peuvent être malmenés, comme en témoignent les arrestations d’opposants politiques et d’hommes de Dieu, en dehors des sourdes réprobations, seulement sur les réseaux sociaux, l’ordre public règne. Imaginons la même actualité sous le Sphinx de Daoukro ou le Woody de Mama…
Les litiges fonciers peuvent être à la fête sur fond de conflits intercommunautaires récurrents, le remblayage anarchique prospérer en dépit des interdictions et injonctions officielles, le pouvoir d’achat être sous pression, l’orpaillage illégal faire le buzz, éventrer les terres, contaminer de nombreux cours d’eau du pays, menacer notre avenir commun. On lui trouvera une excuse. « Nous sommes tous coupables ». Le président n’est comptable de rien. Rien ne lui est imputable.
Les médias internationaux, hier si prompts à dénoncer le détournement des 18 milliards de FCFA, la poudrière identitaire, l’exclusion FCFA ; à taper sur ses prédécesseurs semblent désormais aphones. Faisant preuve d’une indulgence à nulle autre pareille. Circulez, Il n’y a rien à voir !
Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il faut reconnaitre qu’Alassane Ouattara est un homme verni. Il a « luck », comme on le dit au ghetto.
