
BEPC 2026 : Reprise après Tabaski, ce 28 mai
Le BEPC, session 2026, qui a repris ses droits ce 28 mai après la pause Tabaski, restera sans doute durablement gravé dans notre imaginaire collectif pour une raison toute autre qu’académique.
Après la pause Tabaski, les candidats au BEPC ont rejoint, ce 28 mai, les salles d’examen pour poursuivre les épreuves écrites. De mémoire récente, rarement un examen à grand tirage aura offert un tel scénario. En effet, au terme d’une première journée, le mardi 26 mai, les candidats et examinateurs ont dû marquer une pause liée à la Tabaski avant de reprendre les hostilités ce jeudi. Il est clair que cette année, le Brevet d’Études du Premier Cycle ne s’est pas seulement contenté d’évaluer les connaissances des candidats. Il leur a également offert l’occasion d’éprouver leur capacité à passer, en vingt-quatre heures, d’une salle d’examen à une cour dégageant l’odeur suave du mouton grillé, puis à revenir en classe comme si de rien n’était.
Officiellement, le calendrier a peut-être respiré. Au détriment, force est de le reconnaître, de la concentration de certains candidats, dont plusieurs avaient sans doute la tête encore à la fête.
La date de la Tabaski n’était pourtant pas tombée du ciel comme une pluie en pleine saison sèche. Elle était connue d’avance. Annoncée. Inscrite dans le calendrier scolaire depuis des mois. Mais entre le calendrier religieux, le calendrier scolaire et le calendrier administratif, quelqu’un a visiblement oublié de faire les présentations. Bien entendu, on ne saurait accabler uniquement le ministre récemment installé. Même si, dans les couloirs de l’Éducation nationale, ça fait un bon bout de temps qu’il sévit. Bref.
Ne pas se laisser distraire
Pour une fête qui rime avec agitation et intrusion d’invités dans les domiciles, reconnaissons que le moment était peu propice pour demander à un adolescent de ne pas se laisser distraire par la bonne odeur en provenance de la cuisine ou de chez le voisin. Surtout avec tous ces « kôkô », vêtus de boubous richement brodés pour aller manger chez les gens.
« La maison était pleine toute la journée. Entre les enfants, les invités et le bruit, ce n’était pas facile de se concentrer », confie A.D., candidate au lycée moderne d’Angré.
On la comprend. Même Pythagore aurait demandé qu’on lui garde sa démonstration pour après le dessert.
Chez A.K., élève au collège moderne de Cocody, même constat : « Une pause comme ça au milieu d’un examen, ça dérange. On sort du rythme et il faut encore retrouver la concentration après. »
Tout est là. Sortir du rythme. Puis tenter d’y revenir comme si l’esprit humain fonctionnait avec un bouton « pause/reprise ».
Reprogrammation
Autant l’admettre, il aurait sans doute fallu songer à une reprogrammation de cet examen à une autre date pour éviter d’imposer cette interruption-reprise à des adolescents déjà stressés par la peur de l’échec, les pressions familiales et les tentations du dernier coup d’œil qui sauve. Qu’est-ce que cela aurait coûté de fixer la date de l’examen après l’Aïd-el-Kebir, par exemple ?
C. Koné, mère d’une candidate rencontrée à la Riviera Golf, ne dit pas le contraire : « On connaissait déjà la date. Il fallait éviter de casser le rythme des enfants. »
Difficile, certes, de faire plus simple. Mais dans l’administration, c’est connu, les évidences ont parfois besoin d’un cachet, d’un paraphe et de trois réunions avant validation.
Session particulière
À coup sûr, cette session 2026 du BEPC restera particulière en raison de cette interruption inhabituelle, qui en fait déjà une curiosité du calendrier scolaire national. La Côte d’Ivoire ne cesse d’étonner le monde.
Après tout, pourquoi se contenter d’évaluer les élèves en mathématiques, en français et en histoire-géographie, quand on peut aussi tester leur résistance nerveuse au calendrier national ?
