
Angré Béssikoi : Le commissaire de justice à l’origine de la destruction de l’immeuble parle.
À l’origine de l’erreur qui a entrainé la destruction d’un immeuble à Angré Béssikoi, le 17 avril 2026, Me K. O. P. C., commissaire de justice s’est confié à www.letau.net ce jeudi 23 avril.
A la suite de la diffusion de la vidéo montrant un immeuble détruit à Angré-Bessikoi, le 22 avril, www.letau.net, a contacté par téléphone, le jeudi 23 avril 2026 à 11h26, Maître K.O.P.C. Le commissaire de justice à l’origine de l’erreur qui a entrainé la destruction d’un immeuble dans lequel vivait la famille Y., n’avait pas de mots pour justifier son acte : « Je ne pourrai pas me prononcer pour l’instant. Ce ne sont pas des choses à exposer sur la place publique ». Une retenue qui en dit long, face à une situation aussi gênante que bruyante.
Retour sur les faits
Le vendredi 17 avril 2026, le ciel est littéralement tombé sur la tête de la famille Y. En quelques heures, elle a vu disparaître sous les chenilles de bulldozers son immeuble R+4, fruit de longues années d’efforts et de sacrifices. À l’origine de ce drame, une exécution d’une décision de justice menée à Cocody-Angré Bessikoi, sur les lots 3974 et 3975 de l’îlot 358. Maître K.O. P. C., mandaté pour faire appliquer la décision rendue le 14 juin 2021 contre Messieurs Bakayoko Youssouf et Ehui Akesse Clément, selon des témoignages concordants, a commis une erreur d’appréciation lourde de conséquences. En lieu et place des parcelles visées par la décision judiciaire, c’est le bien de la famille Y. logé sur le lot 3970 îlot 358 qu’il a fait détruire.
Erreur
Selon le conseil de la famille, plusieurs règles essentielles qui encadrent l’exécution des décisions de justice n’ont pas été respectées. « Avant toute opération de déguerpissement ou de démolition, il est impératif de vérifier avec précision la localisation du bien concerné. Cela passe souvent par l’intervention d’un expert, notamment un géomètre ou un topographe », explique-t-il.
Or, dans cette affaire, aucune expertise préalable n’a été diligentée. Le commissaire de justice s’est contenté d’un simple état des lieux, qui, de surcroît, n’a pas été réalisé de manière contradictoire, c’est-à-dire en présence de toutes les parties concernées. Une légèreté procédurale qui interroge, d’autant plus que le commissaire de justice est tenu à une stricte impartialité et à une rigueur absolue dans l’exécution de ses missions. « Lorsqu’il s’agit de détruire un bien immobilier, le doute n’est pas permis. Une erreur, et ce sont des vies entières que l’on brise », insiste l’avocat.
Précipitation
La qualité du bénéficiaire de la décision de justice, ex Grand médiateur de la République, a-t-elle eu une incidence sur la précipitation avec laquelle le commissaire de justice s’est exécuté ?
« Il est possible que la stature du client ait pesé sur la manière dont les choses ont été faites. Mais en droit, seule la procédure compte », indique une source proche du dossier.
