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🟢Crime organisé : L’aéroport d’Abidjan au cœur d’une opération de transport de fonds et pierres précieuses vers l’Europe (3ème partie).

Dans cette troisième partie de l’enquête intitulée « Crime organisé : L’aéroport d’Abidjan au cœur d’une opération de transport de fonds et pierres précieuses vers l’Europe », www.letau.net fait la lumière sur la destination des fonds et pierres précieuses découverts après l’ouverture des malles à l’aéroport,  le sort  réservé à Bini Ouattara Daouda, aux membres de l’équipage de l’aéronef, aux passagers tchétchènes avant leur départ du territoire ivoirien. Un accent particulier est mis sur le rôle joué par l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale (UCT), la Direction de surveillance du territoire (DST), la Direction des services extérieurs (DSE), Interpol et la direction des Services aéroportuaires des Douanes.

Les preuves et documents liés à cette enquête ont été sécurisés avec le réseau SafeBox de Forbidden Stories.

Les tentatives d’exportation d’objets d’art vers la Turquie en 2017-2018 puis en Moldavie en 2019, cachaient une opération de sortie illégale de fonds et pierres précieuses appartenant à Francesco Belsito, l’ex-trésorier du parti politique italien, la Ligue du Nord. Accusé d’avoir détourné en dix ans, 12 millions d’euros en puisant dans les caisses de son parti, il a fini par restituer les 2/3 des diamants et barres d’or d’une valeur de 600 000 euros achetés à des fins personnelles. C’est vraisemblablement le reste du butin issu du détournement de fonds, dissimulé et expédié en Afrique, qu’il a tenté de ramener en Europe.

L’arrivée de l’aéronef

Dans le cadre des préparatifs de l’opération d’exportation, Francesco Belsito a réussi à se faire délivrer le 13 février 2019, une fausse autorisation d’exportation d’objets d’art émanant du musée national du costume de Grand Bassam d’art. Sur le document authentique du musée, le nom de l’exportateur, la liste des objets d’art à exporter, la somme à payer et l’emplacement du cachet du signataire diffèrent de ceux figurant sur le document falsifié. (voir le document d’autorisation) https://drive.google.com/file/d/1WGkSHcc-t3oDNiPiOHN7B33nbdQpuhFW/view?usp=drive_link

Quelques mois après l’obtention des différents documents administratifs afférents à l’exportation des malles, un aéronef immatriculé UR-COZ, exploité par la compagnie ukrainienne SkyAviaTrans, en provenance de la Turquie, atterri à l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, le 1er juin 2019. Sa mission est d’embarquer un cargo d’objets d’art.

Cependant à l’aéroport d’Abidjan, les évènements ne vont pas se dérouler comme prévu.

Découverte des fonds  

Les huit membres d’équipage et trois passagers de l’avion arrivés à Abidjan, disposaient d’un jour pour se reposer, faire l’avitaillement de l’avion et embarquer les malles. Mais le cargo va être attendu en vain. Rencontrés à Moscou par les journalistes italiens, Mohammed et Sconda, deux Tchétchènes sollicités par Francesco Belsito pour le transport des caisses métalliques en direction de la Moldavie, qui ont effectivement effectué le déplacement pour cette opération, ont fourni des détails sur cette opération. Selon leur témoignage, l’objectif caché derrière cette opération était l’acheminement des fonds en Russie. « Ils voulaient envoyer de l’argent en Russie (c’est pourquoi ils ont choisi des Tchétchènes). Roman lui a expliqué qu’ils blanchiraient l’argent par le canal de Sberbank, parce qu’en Europe, il n’y avait aucun moyen de le faire. Ils avaient deux options : soit la Moldavie, soit la Russie », confient-ils.

Se prononçant sur le non embarquement des malles dans l’avion, ils expliquent que « Bini a demandé plus d’argent parce qu’il devait faire établir de nouveaux documents pour les caisses. Nous avons attendu une semaine pour que Belsito envoie de l’argent à Bini pour effectuer son travail. Mais cela n’a pas été possible parce que Belsito a dit qu’il devait changer les obligations en sa possession en argent. Mais il avait besoin de temps. Il devait faire attention parce qu’il y avait une procédure judiciaire à son encontre. Toutes les fois que Roman l’appelait, il disait être au tribunal (dans les sms). »

Cette raison ne constitue pas la seule pour laquelle les caisses métalliques n’ont pas embarqué.

Poursuivant leur explication, les Tchétchènes indiquent aux journalistes que « Roman n’a pas dit à tout le monde ce qu’il y avait dans la malle. Quelqu’un pouvait le savoir, mais pas tout le monde. Je pense que le problème était que Roman a payé une petite somme d’argent pour sortir une grande somme d’argent et quand ils ont réalisé ce qu’il y avait dans la malle, le prix a augmenté. »

Poursuivant leur récit, les deux hommes livrent des détails sur les malles stockées à l’aéroport et ouvertes, selon eux, en présence d’agents publics de sécurité. « Roman avait peur que Bini ne joue à un mauvais jeu. Il a dépêché le Français (un membre présumé du personnel de l’ambassade de France à Abidjan, sans rôle officiel connu, selon les Tchétchènes) pour s’assurer que tout allait bien se passer. Quand les militaires ont demandé d’ouvrir les malles, Roman a dit non. Il a commencé à paniquer. Le Français lui a conseillé de les ouvrir. Ce à quoi Roman ne s’attendait pas. Quand le Français a réalisé ce qu’il y avait à l’intérieur, ils ont battu Roman et ont ensuite essayé de frapper Bini, mais un colonel militaire a fait descendre le Français pour l’arrêter. Le Français soupçonnait Roman, mais aussi Bini d’être au courant de ce qu’il y avait dans la caisse. »

Sur le contenu de la malle ouverte, les Tchétchènes racontent : « Dans la boîte qu’ils ont ouverte, il n’y avait pas seulement de l’argent, mais des diamants et des crocs. On ne sait pas ce qu’il y avait dans les autres…Ils ont pris une liasse de billets pour voir si l’argent était faux. » (voir la caisse contenant les fonds et pierres précieuses ouverte) https://drive.google.com/file/d/1S72g7N5S_bq36NDZABuC61MFzYbwa3H0/view?usp=drive_link

Cette découverte va conduire à leur interpellation et audition (A suivre…)

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