Economie

Après la fixation du prix du cacao à 1 200 FCFA : Le SYNAP-CI met ses menaces à exécution

La colère des producteurs de cacao franchit un nouveau cap. Après avoir annoncé son intention d’interpeller le gouvernement, le Syndicat National Agricole pour le Progrès de la Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) passe à l’action. Le syndicat a déposé, ce 02 septembre, un préavis de grève illimitée sur la table du ministre de l’Agriculture dans lequel il dénonce la gestion de la filière et reclame la démission du dégé du Conseil Café-Cacao.

La menace brandie le mardi 1er septembre 2026 est désormais devenue réalité. Le SYNAP-CI durcit son bras de fer avec les autorités ivoiriennes au lendemain de l’ouverture de la campagne cacaoyère 2026-2027 et de la fixation du prix minimum garanti à 1 200 FCFA le kilogramme.

Interrogé par www.letau.net, le 1er septembre, le président du SYNAP-CI, Koné Moussa, avait déjà annoncé les couleurs. Il exigeait le départ de Kone Brahima Yves de la tête du Conseil Café-Cacao et promettait de saisir le gouvernement pour lui faire part du mécontentement des producteurs. « L’État doit prendre ses responsabilités. Nous allons demander au président de la République de choisir entre nous et le patron du Conseil Café-Cacao », avait-il martelé.

Préavis de grève illimité

Dans un courrier référencé ‘’BN-SNP/CN-CNA 02-09-26/084’’, adressé au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, et dont www.letau.net a reçu copie, le SYNAP-CI a officiellement déposé un préavis de grève illimitée, face à une situation qu’il juge particulièrement préoccupante dans la filière.

Pour le syndicat, l’ouverture de la campagne 2026-2027 intervient dans un contexte marqué par les difficultés rencontrées lors de la précédente campagne. « L’ouverture de la campagne cacaoyère 2026-2027, marquée par la fixation du prix minimum garanti du cacao à 1 200 FCFA/kg, intervient dans un contexte lourd de conséquences de la campagne 2025-2026, caractérisée notamment par des difficultés d’écoulement des stocks résiduels », dénonce le SYNAP-CI dans son préavis. Pour les producteurs, cette situation soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité du système de gouvernance et de commercialisation de la filière.

Refus

Le syndicat refuse que les producteurs soient, une nouvelle fois, ceux qui paient le prix des dysfonctionnements du système. Au-delà du prix fixé pour la nouvelle campagne, c’est le sort des stocks invendus de la campagne précédente qui cristallise la colère des producteurs. Dans son préavis, le SYNAP-CI évoque une campagne 2025-2026 qu’il qualifie de « chaotique » et marquée par une énième répétition des difficultés de mévente.

Le syndicat dénonce également le fait que des stocks résiduels demeurent encore entre les mains des paysans. Une situation que le SYNAP-CI considère comme le signe d’un « échec criard » de la gestion du directeur général du Conseil Café-Cacao. À cette difficulté s’ajoute, le niveau de rémunération observé dans certains pays voisins, jugé plus favorable aux producteurs. Une comparaison qui nourrit davantage le sentiment de frustration dans les zones de production ivoiriennes.

Revendications

Face à cette situation, le SYNAP-CI formule plusieurs revendications. En première ligne, le départ sans condition du Directeur Général du Conseil Café-Cacao. Le syndicat réclame en outre la prise en charge immédiate des stocks résiduels, mais aussi une révision des mécanismes de fixation du prix et de sécurisation des revenus des producteurs. L’objectif affiché est d’éviter que le planteur ne devienne systématiquement la variable d’ajustement des fluctuations du marché et des décisions prises en amont de la chaîne.

À force de demander aux producteurs de serrer la ceinture, encore faudrait-il leur laisser de quoi s’en acheter.

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