
Cacao : des acheteurs paient jusqu’à 1 400 FCFA le kg, le Conseil du Café-Cacao les rappelle à l’ordre
Alors que le prix bord champ du kg de cacao, pour la campagne 2026-2027, est fixé à 1 200 FCFA, des acheteurs en offrent jusqu’à 1 400. Une générosité qui n’est pas du goût du Conseil du Café-Cacao (CCC).
À San Pedro comme à Abidjan, pour attirer les vendeurs et sécuriser leurs approvisionnements, certains acheteurs ont décidé de surenchérir. Ils proposent entre 1 375 et 1 400 FCFA le kg de cacao, selon des acteurs de la filière interrogés par www.letau.net. Légèrement au-dessus du prix bord champ de 1 200 FCFA, fixé par le gouvernement pour la campagne ouverte le 1er septembre. Le barème officiel prévoit aussi 1 300 FCFA le kg pour le cacao livré à l’entrée des usines. Dans la filière, cette pratique qui s’appelle le « surpaiement » ne semble pas plaire au CCC, chargé de réguler le secteur, qui fait grise mine. Les témoignages recueillis par www.letau.net révèlent que plusieurs acteurs soupçonnés de s’y adonner ont reçu des mises en garde verbales. Payer plus peut donc coûter cher !
Menacé par le délégué régional
À San Pedro, un opérateur affirme avoir été menacé par le délégué régional du CCC à cause de ses prix. À Abidjan, d’autres acheteurs ont rapporté des avertissements similaires, la semaine dernière. Si aucune sanction formelle n’est signalée pour l’instant, il convient de rappeler que, conformément à la note N/Réf : CCC/0028-24/DG-KBY/DDRCI-KDA/DADRCI-CB/kd de la campagne 2023-2024, portant en objet : « Surenchère sur le prix du cacao à l’entrée des usines et durée de portage des stocks en région », le CCC y rappelle que le surpaiement du cacao à l’entrée des usines est interdit. En application de l’article 18 du décret n°2012-1008 du 17 octobre 2012 qui fixe les modalités de commercialisation du café et du cacao, tout contrevenant s’expose « au paiement d’une pénalité de 10% de la valeur du produit concerné au profit du Conseil du Café-Cacao et au retrait de son agrément en cas de récidive ».
La situation est à la limite du cocasse. Pendant que les producteurs réclament un relèvement du prix du kg et reçoivent quelques centaines de francs CFA, le régulateur veut coûte que coûte faire respecter le barème. On en rirait, si ce n’étaient pas les producteurs qui trinquent.
Pour cette campagne qui poursuit cahin-caha son bonhomme de chemin, le cacao a un goût plus amer que jamais.
