
Prix du cacao – Depuis Toulepleu : Koné Moussa menace de faire descendre les planteurs sur la Caistab
En tournée de mobilisation à Toulepleu, le jeudi 29 octobre 2026, Koné Moussa, président national du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), a appelé les producteurs de cacao à se tenir prêts pour une mobilisation devant la Caistab, à Abidjan.
« Nous ne sommes plus prêts à encaisser la misère. » Le ton est donné. Jeudi 29 octobre 2026, devant une foule de producteurs réunis sur la place Alassane-Ouattara de Toulepleu, Koné Moussa n’a pas mâché ses mots. Le président national du SYNAP-CI, venu remobiliser ses troupes, entend maintenir la pression sur les responsables du Conseil du café-cacao (CCC). Depuis la fixation du prix bord champ du cacao à 1 200 FCFA le kilogramme, les difficultés s’accumulent, dénonce le syndicaliste. Les stocks de cacao en attente d’enlèvement, les dysfonctionnements présumés du système de traçabilité et les difficultés rencontrées par les coopératives alimentent son mécontentement. Koné Moussa reproche au directeur général du Conseil du café-cacao, Koné Yves Brahima, et à son équipe leur attitude à l’égard des producteurs. Il estime que leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte. Le président du SYNAP-CI reconnaît pourtant les efforts financiers consentis par le gouvernement pour soutenir la filière. Il cite notamment les 291 milliards de FCFA débloqués, tout en regrettant que les stocks inventoriés n’aient toujours pas été enlevés. « Depuis l’annonce du prix du kilogramme de cacao à 1 200 FCFA, le SYNAP-CI ne cesse d’interpeller les gestionnaires de la filière. Le gouvernement a fait beaucoup en débloquant les 291 milliards de FCFA. Malheureusement, les stocks inventoriés n’ont pas été enlevés. Aujourd’hui, les présidents de coopératives ne peuvent même pas retourner dans leurs bases à cause de cette situation », déplore-t-il.
La traçabilité du cacao mise en cause
Autre sujet de mécontentement : le dispositif de traçabilité mis en place dans la filière. Koné Moussa en dénonce les limites et fait état de situations qu’il juge préoccupantes. « On nous parle de traçabilité, mais ce système montre aujourd’hui ses limites. Il y a des producteurs qui reçoivent des messages leur disant qu’ils ont vendu leur cacao alors qu’il n’en est rien », révèle-t-il. Pour le président du SYNAP-CI, ces anomalies s’ajoutent aux difficultés de commercialisation et renforcent la défiance des producteurs envers les responsables de la filière. Face à cette situation, Koné Moussa estime que les interpellations ne suffisent plus. « Préparez-vous à nous rejoindre à Abidjan. Nous allons descendre sur la Caistab », lance-t-il aux planteurs réunis à Toulepleu. Le syndicaliste entend également donner une portée régionale aux revendications des producteurs ivoiriens. Dès son retour à Abidjan, il prévoit de saisir plusieurs organisations sous-régionales. « Nous allons écrire à la CEDEAO, à l’UEMOA pour leur faire part de notre situation », annonce-t-il.
Koné Moussa exige la démission du DG du Conseil du café-cacao
Au-delà de l’appel à la mobilisation, Koné Moussa réclame ouvertement le départ de Koné Yves Brahima, directeur général du Conseil du café-cacao. « Nous demandons simplement la démission de Koné Yves Brahima, directeur général du Conseil du café-cacao. Il nous faut de véritables techniciens à la tête du Conseil », martèle-t-il. Une revendication qui traduit le durcissement du discours du président du SYNAP-CI à l’égard des dirigeants de la filière.
Palm-CI dans le viseur
Koné Moussa a également profité de cette rencontre pour dénoncer les menaces qui pèsent sur certaines plantations de Toulepleu, en raison des activités de Palm-CI. « Ici, à Toulepleu, nos plantations sont menacées par Palm-CI. Il y a des plantations que nous exploitons depuis 1971 et, aujourd’hui, on nous dit qu’il s’agit de forêts classées. On nous demande de quitter les lieux parce que Palm-CI va s’installer pour développer Toulepleu », dénonce-t-il. Pour les producteurs concernés, cette situation soulève la question de la préservation de terres qu’ils affirment exploiter depuis plusieurs générations. Koné Moussa a donc ouvert plusieurs fronts : l’enlèvement des stocks de cacao, la fiabilité du dispositif de traçabilité, la gestion du Conseil du café-cacao et la préservation des plantations. Mais c’est surtout son appel à marcher sur la Caistab qui donne le ton de cette nouvelle offensive syndicale. Après les dénonciations et les interpellations, le président du SYNAP-CI entend désormais faire entendre la colère des planteurs à Abidjan. Reste à connaître la date de cette mobilisation et la réponse que lui réserveront les responsables du Conseil du café-cacao, au-delà, les autorités politiques.
