
Cacao : le SYNAP-CI projette une marche sur la Caistab
Après avoir sillonné plusieurs zones de production dans le but de remobiliser les planteurs, Koné Moussa, président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), hausse à nouveau le ton. Au cours d’une conférence, le mercredi 30 septembre 2026, à son siège au Plateau, le syndicaliste a annoncé une marche sur la Caistab pour dénoncer le prix du cacao fixé à 1 200 F le kilogramme.
Le bras de fer se poursuit dans la filière café-cacao. Le SYNAP-CI n’entend visiblement pas desserrer l’étau. Face à ce que son président qualifie de « mutisme » des autorités, Koné Moussa durcit le ton. Après le mot d’ordre de grève lancé le 16 septembre, il projette une marche sur la Caistab. L’annonce en a été faite le 30 septembre 2026 au siège du SYNAP-CI, au Plateau.
Forte mobilisation
« Notre mouvement est très suivi. À chaque étape de la tournée, nous avons rappelé la légitimité de nos préoccupations et la nécessité de préserver la solidarité sans faille entre nous, producteurs. Le message est passé et, depuis le début de la grève, le cacao ne remonte pas sur Abidjan », explique le président du SYNAP-CI. Avant de confier que, dans les zones de production, les fèves restent dans les magasins et les campements, tandis que les producteurs attendent une réponse des autorités. À en croire Koné Moussa, le combat ne se limite toutefois pas au prix fixé pour le kilogramme de cacao. Il englobe les difficultés de commercialisation, la gestion de la filière et les conditions de vie des familles rurales. « Derrière chaque kilogramme de cacao se trouvent des mois de labeur, des sacrifices, des charges et l’espoir d’une famille », rappelle le syndicaliste, qui estime également que le revenu tiré du cacao conditionne directement le quotidien de milliers de familles rurales. « Nous ne reculerons pas tant que nos revendications ne seront pas prises en compte. Nous allons nous débrouiller pour scolariser nos enfants », tranche-t-il.
Les producteurs sont découragés
Revenant sur la tournée de sensibilisation menée auprès des producteurs de Bouaflé à Duékoué, en passant par Guessabo, Biankouman, Guintéguéla et Bandiahi, le responsable syndical affirme que sur le terrain, le constat est sans appel : la colère gronde dans les zones de production. « Les producteurs sont découragés. C’est pourquoi ils soutiennent le SYNAP-CI », affirme-t-il.
Gestion chaotique
« Le prix du kilogramme du cacao ne fait que grimper sur le marché international, pourtant, chez nous ici, on nous impose 1 200 F. Le Ghana est à 2 100 F le kilogramme », déplore-t-il. De son point de vue, la question du prix n’est que la face visible de l’iceberg. Koné Moussa pointe également du doigt la gestion chaotique de la filière et réclame le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Yves Brahima. « C’est la gestion chaotique de la filière qui nous a entraînés dans cette situation. C’est pourquoi nous exigeons, sans autre forme de procès, la révocation du DG du Conseil du Café-Cacao, monsieur Koné Yves Brahima », martèle-t-il.
Le SYNAP-CI, faut-il le souligner, revendique près de 89 000 membres sur toute l’étendue du territoire national. Il entend ainsi maintenir la pression jusqu’à l’ouverture de discussions avec les autorités qui, pour l’heure, restent muettes comme une carpe.
