Politique

Frontière Côte d’Ivoire-Burkina Faso : Des douaniers bloquent un convoi français, à Laléraba !

Un convoi français quittant le Burkina Faso après la rupture des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Paris a été retenu, le week-end dernier, au poste frontalier de Laléraba. Selon des informations de www.letau.net, le convoi qui tentait de rejoindre Abidjan avec du matériel militaire par la route, ne disposait pas des documents de transit douaniers nécessaires.

Le départ des derniers membres du personnel français encore présent au Burkina Faso après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays ne s’est pas déroulé comme prévu. Le week-end dernier, un convoi en provenance du Burkina Faso a été stoppé au poste de contrôle frontalier de Laléraba, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Le convoi qui tentait de rejoindre Abidjan par voie terrestre comportait du matériel présenté par nos sources comme militaire. À son arrivée à la frontière ivoirienne, il s’est heurté au refus des agents des Douanes de le laisser poursuivre sa route. Sans avoir accompli les formalités de transit. Les douaniers ivoiriens ont notamment exigé que le matériel transporté soit déclaré et dédouané avant son entrée sur le territoire national.

Défaut de documents de transit

Nos sources rapportent que les personnes accompagnant le convoi n’ont pas été en mesure de présenter immédiatement l’ensemble des documents exigés. Les difficultés portaient sur le régime applicable au matériel transporté : importation, admission temporaire, transit vers une installation française ou réexportation ultérieure. La situation s’est compliquée en raison de la présence dans le convoi d’équipements à caractère militaire. « Des chars », ont-elles indiqué à www.letau.net.

Face à cette situation, des responsables français à Abidjan ont entrepris des démarches auprès des autorités ivoiriennes pour permettre au convoi de poursuivre sa route.

« On vous rappellera »

Contacté par Letau.net, le 15 juillet, sur le contrôle opéré à Laléraba, le service communication des douanes ivoiriennes a indiqué qu’une information de cette nature ne pouvait pas être traitée par téléphone. Notre interlocuteur nous invité à nous rendre au siège de la Direction générale des Douanes afin d’échanger avec les responsables compétents. « On vous rappellera. », a-t-il promis.

Au moment de la publication de cet article, ce rappel n’était pas encore intervenu.

Rupture diplomatique

Cet incident intervient à la suite de la décision du Burkina Faso de rompre officiellement ses relations diplomatiques avec la France, le 26 juin 2026. Ouagadougou a accusé Paris d’ingérence dans ses affaires intérieures. Notamment d’entretenir des réseaux hostiles aux autorités burkinabè et de poursuivre des ambitions néocoloniales. Des accusations rejetées par le Quai d’Orsay. Qui, les a qualifiées d’hostiles et d’infondées. Ouagadougou avait ensuite accordé un délai de sept jours à la France pour fermer son ambassade et ses services consulaires. La vingtaine d’agents du personnel qui travaillaient encore au sein de ces représentations, parmi lesquelles des agents diplomatiques et administratifs ainsi que des gendarmes chargés de leur protection devaient être évacués.

Présence militaire française permanente

Il convient de préciser que la fin de la présence militaire française permanente au Burkina Faso a été actée, le 18 février 2023. A l’issue d’une cérémonie de descente des drapeaux. Le départ des derniers équipements militaires français devait ensuite se poursuivre dans le cadre d’opérations logistiques conduites sous la supervision des deux armées.

Point de passage

Laléraba est situé sur le corridor routier reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire et au port d’Abidjan. A ce point de passage, il est procédé au contrôle des voyageurs, des véhicules et des marchandises qui transitent entre les deux pays. Le contrôle du convoi français entre donc dans les attributions ordinaires des services de Douane présents à la frontière.

Regroupement du dispositif français

Le choix d’Abidjan comme destination du convoi s’explique par la présence résiduelle française en Côte d’Ivoire. Officiellement, la France a rétrocédé à l’État ivoirien, le 20 février 2025, l’ancienne base du 43ᵉ Bataillon d’infanterie de marine de Port-Bouët. Une restitution qui n’a cependant pas marqué la fin de la présence militaire française dans le pays. Paris conserve un dispositif réduit, destiné notamment à la coopération, à la formation et à certains appuis logistiques. Des capacités aériennes et des infrastructures techniques sont également maintenues dans le cadre du nouveau partenariat militaire franco-ivoirien.

Défaut de coordination 

L’immobilisation du convoi apparait symptomatique d’un défaut de coordination administratif. Une opération impliquant le déplacement transfrontalier de matériel militaire nécessite, en principe des échanges préalables entre l’ambassade de France, les ministères ivoiriens de la Défense, des Affaires étrangères et la direction générale des Douanes de Côte d’Ivoire.

À Laléraba, les blindés français ont trouvé plus fort qu’eux : les formalités de transit.

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