Economie

OIA Café-Cacao : Un budget de plus de 15 milliards FCFA qui fait débat dans la filière

L’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) Café-Cacao disposera désormais d’importants moyens financiers pour mener ses activités. Réunis la semaine dernière en assemblée générale, les administrateurs de l’organisation, en présence de représentants du ministère de l’Agriculture et du Conseil du Café-Cacao (CCC), ont adopté un budget de fonctionnement supérieur à 15 milliards de francs CFA.

Pour financer ce budget, les membres ont validé un prélèvement de 10 francs CFA par kilogramme de cacao commercialisé. Sur la base d’une production nationale estimée à 1,5 million de tonnes, ce mécanisme devrait permettre de générer environ 15 milliards de francs CFA par campagne.

Selon plusieurs sources, ce montant pourrait évoluer en fonction du niveau de la production nationale. Plus les volumes de cacao produits seront élevés, plus les ressources de l’organisation augmenteront. Une récolte de 2 millions de tonnes permettrait ainsi à l’OIA Café-Cacao de disposer d’un budget encore plus important.

Face aux interrogations suscitées par l’ampleur des ressources mobilisées, des responsables proches de l’organisation défendent le bien-fondé de ce budget.

« Contrairement à ce que certains pensent, ce budget n’est pas excessif. Il couvre les charges de fonctionnement, les salaires, les infrastructures administratives ainsi que les missions de représentation et de suivi des activités, tant en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger », explique une source proche de l’OIA.

Mais sur le terrain, plusieurs responsables de coopératives et leaders paysans affichent leur scepticisme. Dans un contexte marqué par la faiblesse des revenus des producteurs et les nombreuses difficultés auxquelles la filière est confrontée, certains considèrent ce nouveau prélèvement comme une charge supplémentaire.

« Avant de fixer une contribution de 10 francs CFA par kilogramme, il aurait été souhaitable de consulter largement les producteurs afin d’évaluer l’impact réel de cette mesure sur leurs revenus. Beaucoup d’acteurs de terrain n’ont pas été associés à la réflexion », regrette un président de coopérative basé dans l’Est du pays.

A cette allure, les producteurs du binôme café-cacao continueront d’être la vache à lait de l’Etat et la pléthore de structures mises en place pour leur assurer des revenus décents.

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