GAFI : L’épreuve du terrain pour sortir de la liste grise.
Le communiqué publié par le Groupe d’action financière (GAFI), le 19 juin 2026 marque une étape importante. La Côte d’Ivoire a achevé son plan d’action et s’apprête à recevoir une mission d’évaluation sur place. La sortie de la liste grise est à portée. A condition que le terrain confirme les promesses des textes.
La plénière du Groupe d’action financière (GAFI) tenue du 15 au 19 juin 2026 a confirmé le maintien de la Côte d’Ivoire sur la liste grise. Toutefois, le communiqué qui a sanctionné cette plénière reconnaît que la Côte d’Ivoire a achevé son plan d’action. Une avancée majeure qui signifie que les réformes engagées contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération sont jugées suffisamment avancées pour mériter une visite terrain.
Là réside le vrai test. A Abidjan, les évaluateurs viennent pour s’assurer que les textes fonctionnent, les administrations communiquent entre elles, les renseignements financiers circulent, les enquêtes avancent. Les poursuites et les condamnations sont effectives. En un mot, si au-delà des annonces, le mécanisme de lutte produit des résultats.
Depuis son inscription sur la liste grise en octobre 2024 – sanctionnant des lacunes dans la supervision des secteurs à risque et la faiblesse des poursuites en matière de blanchiment -, notre pays a multiplié les signaux de conformité, fait évoluer le cadre juridique, pris des engagements. Satisfaisant, mais le GAFI veut voir l’effectivité des reformes. Ce qui marche vraiment. Le gendarme de la finance mondiale vient pour établir le distinguo entre une réforme adoptée pour faire joli et celle qui est appliquée. C’est là que le bât blesse. Chez nous, tout ou presque est prévu dans le dispositif législatif et juridique. Publié au Journal officiel. Rangé dans les tiroirs et non appliqué une fois les cameras éteintes.

