
Présidence de l’Assemblée Nationale : On a « gbra » Bictogo !
. La réaction de l’ex Pan
En Côte d’Ivoire, surtout en politique, la fidélité n’est jamais une assurance tous risques. Ainsi, avec Alassane Ouattara, nul n’est définitivement installé, fût-il influent ou rompu aux arcanes du pouvoir. Adama Bictogo, réputé tout-puissant président de l’Assemblée nationale depuis 2022, vient d’en prendre la mesure à ses dépens.
La bataille à fleuret moucheté qui semblait avoir cours autour de l’élection du président de l’Assemblée nationale a tourné court avec le retour à Abidjan du chef de l’État le mercredi 14 janvier 2026. Grand perdant, Adama Bictogo, l’homme qui, le samedi 5 janvier 2019, poussait Guillaume Soro à « libérer le tabouret », découvre à son tour que les tabourets institutionnels ivoiriens sont parfois munis de roulettes… invisibles mais efficaces.
Selon une information de Jeune Afrique abondamment relayée par la presse, ce 15 janvier, c’est Patrick Achi qui est pressenti pour briguer la présidence de la Chambre basse du Parlement pour le compte du parti présidentiel. Un choix qui sonne comme une fin de cycle pour Adama Bictogo.
Précédents…
La trajectoire de Bictogo n’est pas sans rappeler celles de Guillaume Soro ou de Hamed Bakayoko. Tous deux, à des moments différents, furent choyés, propulsés, présentés comme incontournables, avant de connaître une mise à distance progressive, puis brutale.
Guillaume Soro…
Artisan clé de l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en 2011, Guillaume Soro est reconduit président de l’Assemblée nationale en mars 2012, avec le soutien du RHDP. À l’époque, il apparaît comme un allié indéboulonnable, voire un successeur potentiel.
Rupture…
Mais la rupture s’amorce après la présidentielle de 2015, lorsque Soro affiche des ambitions personnelles. En février 2019, il démissionne de la présidence de l’Assemblée nationale, officiellement pour « convenances personnelles », mais en réalité sous pression politique.
Pression…
La suite est brutale : en décembre 2019, sa candidature à la présidentielle de 2020 est rejetée ; en avril 2020, il est condamné par contumace à 20 ans de prison pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’État. Depuis, l’ancien homme fort vit en exil, symbole éclatant d’une chute aussi rapide que spectaculaire.
Hamed Bakayoko…
Autre cas d’école : Hamed Bakayoko, longtemps présenté comme le « fils politique » d’Alassane Ouattara. Ministre de l’Intérieur stratégique durant les crises sécuritaires, puis Premier ministre en juillet 2020 après le décès d’Amadou Gon Coulibaly, Hambak semble alors au sommet de son influence.
Signaux…
Mais à peine quelques mois après la présidentielle d’octobre 2020, des signaux de refroidissement apparaissent. Il est progressivement tenu à l’écart des décisions majeures du RHDP et des cercles restreints du pouvoir. Sa gestion sécuritaire et son autonomie politique suscitent des crispations.
Avant même son décès en mars 2021, Hamed Bakayoko n’est plus perçu comme un héritier naturel, mais comme une figure devenue encombrante, marginalisée sans fracas, selon une méthode désormais bien rodée : l’effacement progressif.
Ces trajectoires révèlent une constante : sous Ouattara, la disgrâce n’est ni brutale ni annoncée. Elle est graduelle, silencieuse, souvent précédée par un retrait des leviers stratégiques avant l’éjection finale. Adama Bictogo expérimente aujourd’hui, à ses dépens, la théorie qui avait fini par le porter au perchoir.
Selon le confrère l’Intelligent d’Abidjan dans son N°5640 du vendredi 16 janvier 2026 , l’ex président de l’Assemblée national , affirme avoir échangé avec Patrick Achi et s’est félicité de son choix.
