
Météo et production agricole : pourquoi la Côte d’Ivoire n’est pas à l’abri d’un choc vivrier majeur (Suite & fin)
• Comment le changement climatique met sous pression la sécurité alimentaire et le pouvoir d’achat des ménages
Quand le climat passe à la caisse

Siège de l’OCPV à Abobo. Crédit photo : Aude-Carole Séry
La flambée des prix sur les marchés est aussi la traduction comptable d’un climat déréglé. L’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV), qui observe l’évolution des marchés, pose un diagnostic sans détour : ce que le ciel perturbe au champ se répercute à l’étal et dans la poche du consommateur.
Sécheresses prolongées, hausses persistantes de température, mais aussi orages violents qui détruisent les cultures au lieu de les nourrir : le changement climatique bouscule les cycles agricoles traditionnels. Les variétés actuellement utilisées peinent à suivre le rythme de saisons des pluies plus courtes, plus instables, parfois trompeuses. Conséquence : des cultures mises en terre trop tôt, ou trop tard, et des rendements qui décrochent.
Lorsque la production faiblit, la disponibilité se contracte. L’offre se raréfie, les prix s’envolent. Cette pression climatique se double d’un autre facteur de tension : les sorties de produits vers les pays voisins, dans un contexte où la Côte d’Ivoire constitue un grenier régional. Quand ces flux ne sont plus synchronisés avec l’état réel des stocks, le marché intérieur encaisse le choc.
Sans solutions structurelles, la cherté de la vie alimentaire cessera d’être conjoncturelle pour devenir récurrente. Parmi les réponses identifiées, une revient avec insistance : le développement de variétés résilientes, capables de s’adapter à la sécheresse et à des cycles pluviométriques courts. À défaut, c’est le consommateur qui en paiera durablement le prix.
Loin d’être théorique

Mise en sac de riz local à Korhogo. Crédit photo : Bony Valéry
La Côte d’Ivoire, estime un cadre de l’Office, à titre personnel, n’est pas à l’abri d’un choc vivrier majeur. La crise de la Covid-19, puis la guerre russo-ukrainienne, ont brutalement révélé une vulnérabilité structurelle : la dépendance aux intrants importés, notamment les engrais. Or, dans plusieurs filières, produire sans engrais relève de la foi et d’une opération du Saint-Esprit.
Le cas du riz local est emblématique. Promu au nom de la souveraineté alimentaire, il se vend couramment entre 600 et 800 FCFA le kilo. À l’inverse, le riz importé se négocie entre 400 et 500 FCFA, porté par des politiques de subvention dans les pays exportateurs. Une concurrence asymétrique, où le producteur local part avec un handicap structurel.
Face à ce déséquilibre, l’OCPV plaide pour une approche assumée : subventionner les intrants agricoles, mais aussi le carburant agricole, sur le modèle du carburant maritime accordé à la pêche. L’objectif est simple : réduire les coûts des opérations agricoles mécanisées, soulager les producteurs, et amortir – en bout de chaîne – l’impact sur les prix à la consommation.
Faute de quoi, la pluie – ou son absence – continuera de décider du contenu de nos assiettes… et du niveau des prix sur les marchés.
Sur ce terrain, une administration regarde le marché comme on regarde un baromètre : non pas pour commenter la météo, mais pour éviter que ses caprices ne se transforment en pénurie nationale. C’est le rôle que revendique l’OCPV, structure souvent invisible du grand public, mais centrale dès qu’il faut arbitrer entre solidarité régionale… et besoins de consommation locale.
Subir au thermomètre

Rizière à Karakoro. Crédit photo : Bony Valéry
À Tourou, sur l’axe Bouaké–Katiola, K. Ouattara, journaliste et riziculteur, résume une réalité largement partagée : « Nous ne nous référons pas aux données agro-météo. Nous produisons le riz de père en fils. Nous nous basons sur l’expérience. »
Cette agriculture empirique montre aujourd’hui ses limites. Selon le Dr Amani, le risque ne se limite pas au déficit de pluie. Il évoque des poches de sécheresse intra-saisonnières, des fins de saison précoces et un facteur encore sous-estimé : le stress thermique. Certaines cultures basculent au-delà de seuils critiques. Le cacao commence à souffrir au-delà de 33 °C, explique-t-il. La tomate peut échouer à la floraison, même irriguée.
ENCADRÉ | Rendements & fracture pluvial / irrigué
Manioc : ~ 20 tonnes/ha
Riz pluvial strict : ~ 0,8 à 1,2 t/ha
Riz de bas-fonds : ~ 2 à 3,5 t/ha
Riz irrigué : ~ 3 à 5 t/ha, jusqu’à 6 t/ha avec certaines variétés
Riz hybride : au-delà de 5–6 t/ha
Maïs : ~ 5 à 6 t/ha
Igname : ~ 10 à 12 t/ha, jusqu’à 15 t/ha
Traduction littérale : plus la culture dépend de la pluie, plus le rendement devient fragile. Là où l’eau est maîtrisée, l’exposition au choc climatique recule.
Les femmes en première ligne

Réunion bilan de l’AVEC à Lashinka. Crédit Photo : Bony Valéry
Cette pression climatique s’exerce d’abord sur les plus vulnérables, celles qui produisent, transforment et sécurisent l’alimentation au quotidien, souvent sans filet : les femmes.
À Lashinka, quartier de Karakorou, l’Association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC) apparaît comme un véritable pilier économique et social, en particulier pour les femmes. Facilitateur local, Yéo Kafana encadre deux groupements totalisant une soixantaine de membres, essentiellement engagées dans le petit commerce, le maraîchage et l’agriculture vivrière. Chaque semaine, le mardi, les cotisations sont versées selon un rythme collectif, jusqu’au partage décidé en commun. En l’absence de crédit bancaire jugé trop risqué, l’AVEC finance la santé, la scolarité, les urgences familiales et parfois de petits investissements productifs.
Si les femmes reçoivent ponctuellement des conseils techniques de l’ANADER, leur efficacité reste étroitement conditionnée par le climat. « Quand les conseils tombent et que la pluie ne suit pas, on est bloqué », résume le facilitateur. Cette année, les pluies sont arrivées avec près de deux mois de retard, perturbant les calendriers, favorisant les maladies et entraînant une baisse marquée des rendements, notamment sur le piment. Là où les sacs se vendaient jusqu’à 18 000 FCFA en période favorable, ils peinent aujourd’hui à atteindre 8 000 FCFA, au gré de marchés lointains dont les producteurs ne maîtrisent ni les prix ni les règles.
Dans ce contexte d’incertitude climatique et de vulnérabilité économique, l’AVEC s’impose comme une assurance sociale de proximité.
À Korhogo, dans le quartier Petit Paris, la coopérative Tchérémin, spécialisée dans la transformation du karité en beurre, dépend, elle aussi, du ciel. L’abondance des noix suit le début des pluies. La météo conditionne la matière première, la cadence du travail et les revenus.

Productrices de beurre de Karité à Petit Paris (Korhogo). Crédit photo : Bony Valéry
Entre la station météo et la parcelle
À San Pedro, quelques producteurs maraîchers, équipés de systèmes d’irrigation par pompage, parviennent à produire toute l’année. Mais ces dispositifs restent hors de portée de la majorité.
Fort de son expérience, Soro Lelourou, riziculteur et ancien agent de la SODERIZ, confirme l’utilité des données agro-météo pour améliorer les rendements, mais dénonce leur faible mise à disposition auprès des producteurs.
Selon lui, l’accès aux données reste centralisé, souvent conditionné à des dispositifs assurantiels ou à des projets spécifiques.

A San Pedro, cette productrice de maraichers ne se fie pas au temps qu’il fait. Crédit Photo : Bony Valéry
Diagnostic en clair-obscur
À la direction régionale de l’ANADER à San Pedro, les services affirment recevoir des données de pluviométrie mensuelles et des perspectives annuelles, sur la base desquelles ils orientent les périodes de mise en place selon les cultures et les zones.
Ces informations sont ensuite relayées par un maillage d’animateurs de développement rural et par des radios de proximité. Mais, même au sein de l’encadrement, la limite est reconnue : les producteurs contestent parfois la fiabilité des avis dans un climat devenu imprévisible.
Encadré | La donnée climatique au féminin

Mlle Dao, chef de service météo par intérim lors de notre passage. Crédit photo : Bony Valéry
À San Pedro, résultat d’une volonté managériale affirmée, ce sont majoritairement des femmes qui observent le ciel, codent le temps et alimentent les réseaux météorologiques. La station météorologique locale constitue un maillon stratégique pour l’observation climatique du sud-ouest ivoirien. Jour et nuit, ces agentes assurent la collecte et le traitement des données climatiques : températures, humidité, pression atmosphérique, vent, pluviométrie, visibilité et couverture nuageuse.
La station combine un dispositif classique, nécessitant des relevés physiques réguliers, et une station automatique qui transmet en temps réel les données vers les écrans de la salle d’observation. Certaines variables clés, comme la visibilité ou la nébulosité, reposent toutefois sur l’expertise humaine et l’estimation directe de l’observateur.
Un système qui produit, mais…
La SODEXAM revendique un dispositif structuré. Jean-Louis Moulot, son directeur général, évoque des indicateurs de diffusion, des retours terrain et une amélioration continue.
Une architecture cohérente sur le papier, avec des ruptures sur le terrain, parfois en raison de la non-mise à jour des listes de diffusion et de l’enjeu stratégique que revêt la libre circulation des données. La crainte avancée par le Dr Amani est celle d’une exploitation à des fins spéculatives, au détriment des producteurs et des États, avec des effets potentiels sur la sécurité alimentaire et la stabilité des prix à la consommation.
Service public, logique commerciale et enjeux stratégiques

Jean-Louis Moulot, Directeur Général de la SODEXAM. Crédit photo : Aude-Carole Séry
La SODEXAM rappelle que les bulletins décadaires sont diffusés gratuitement. Mais pour les demandes spécifiques (données historiques de longues périodes, données en temps réel de stations précises, données traitées sur mesure), le passage par le service commercial est requis.
Justification : ces demandes mobilisent des moyens humains et techniques. La SODEXAM évoque une grille tarifaire différenciée, avec gratuité ou tarifs réduits pour la recherche publique, l’enseignement et certains services de l’État.
La perception est néanmoins plus rugueuse : chercheurs, étudiants, structures techniques locales et producteurs disent être systématiquement renvoyés vers le siège. Cette centralisation commerciale est parfois vécue comme une marche trop haute…
Afin d’y remédier, la SODEXAM annonce réfléchir à un portail en ligne offrant un accès libre aux données de base, et réservant le service commercial aux demandes complexes. Si elle se concrétise, la réforme changerait la logique : passer d’un accès « sur demande » à un accès « par défaut », et rapprocher l’information de ceux qui vivent le climat au quotidien.
Encadré | Quand la météo parle français
Les échanges avec le service des Organisations professionnelles agricoles de la direction régionale de l’Agriculture de Korhogo révèlent une facette rarement documentée : la langue apparaît comme un verrou central dans la transmission de l’information agricole. Les producteurs comprennent rarement le français, dans lequel sont formulées les consignes techniques, les bulletins météo et les calendriers culturaux.
« Beaucoup de producteurs ne comprennent pas le français. Il faut souvent expliquer en langue locale. Parfois même, nous aussi, on ne comprend pas certaines langues », révèle Florence Yéo, agent de la direction régionale de l’Agriculture, Korhogo.
La diffusion de l’information agro-météorologique repose alors sur un exercice fragile de traduction permanente. Les consignes techniques sont relayées de manière informelle par des agents ou des leaders communautaires.
Cette médiation linguistique improvisée entraîne souvent des pertes de précision et affaiblit l’impact des messages climatiques. « On donne des orientations, mais on ne peut pas toujours vérifier si le producteur a appliqué exactement ce qu’on a dit. »
Faute de supports traduits, de bulletins simplifiés et d’outils pédagogiques adaptés aux réalités linguistiques locales, l’agro-météorologie peine parfois à franchir le dernier kilomètre entre l’administration et la parcelle.
Système fragmenté, responsabilités diluées
Sur la question du partenariat opérationnel entre la SODEXAM et l’écosystème agricole (ministère, ANADER, FIRCA, CNRA, CIFOR-ICRAF), la réponse du directeur général de la SODEXAM est claire : convention avec l’ANADER, autres collaborations « étroites mais souvent par projet ». Il n’existe pas de groupe de travail pluridisciplinaire institutionnalisé, ni de mécanisme de coordination régulier réunissant l’ensemble des acteurs autour du bulletin. L’information agro-météo peut donc être performante là où un projet finance la production et la diffusion ciblées, puis retomber à un régime minimal dès que le projet s’arrête.
Alors que les enjeux climatiques appellent des réponses concertées, les démarches de www.letau.net ont buté sur un silence prolongé du CNRA à nos trois tentatives de sollicitations répétées. Rejoint dans cette remarquable discrétion par le FIRCA. Un des effets manifestes du stress climatique, sans doute.
Encadré | Contenir la vie chère

L’un des 40 marchés de proximité construits par l’OCPV à Karakoro. Crédit photo : Bony Valéry
Pour sa part, l’OCPV affirme disposer de plusieurs leviers concrets pour contenir la volatilité des prix, corriger l’asymétrie d’information et réduire les pertes post-récolte. Bref, pour éviter que la rareté ne devienne un business.
À l’OCPV, on estime que la volatilité des prix ne relève pas seulement de la météo. Elle est aussi alimentée par l’asymétrie d’information. Quand les commerçants ignorent qu’un village est en abondance, les producteurs bradent faute de débouchés ; quand les producteurs ne connaissent pas la dynamique des prix, ils vendent parfois à perte. En guise de solutions, des leviers ont été développés pour freiner la volatilité : OCPV Info Prix (prix bord-champ / gros / détail collectés via tablettes), e-Grenier (mise en relation producteurs–acheteurs–transporteurs, paiements mobile money). À cela s’ajoute la construction de 155 marchés de proximité (dont 40 annoncés sont achevés ou en cours d’achèvement). Quatorze conventions avec des radios de proximité ont été signées pour diffuser les prix là où le numérique ne suffit pas. L’Office mise aussi sur le stockage et la conservation (sacherie réutilisable de 120 kg à 275 FCFA, pistes de transformation), et la formation des producteurs au coût de production.
Qui fait quoi ?

Infographie générée par chatgpt.
Encadré | VIGICLIMM : la promesse d’une météo qui anticipe

Le projet VIGICLIM est porteur de grands espoirs pour l’agriculture ivoirienne. Crédit photo : Bony Valéry
Face à la multiplication des chocs climatiques, l’État ivoirien a lancé le projet VIGICLIMM, porté par la SODEXAM, avec une ambition claire : faire basculer la Côte d’Ivoire d’une météo d’observation vers une météo d’anticipation et de décision.
Financé à hauteur de 18,4 milliards FCFA par un prêt souverain de l’Agence française de développement (AFD), le projet prévoit une transformation technologique majeure : acquisition du modèle numérique AROME à haute résolution, modernisation des stations, création d’un data center météorologique, transmission satellitaire des données et plateformes automatisées de services climatiques.
Sur le papier, VIGICLIMM promet des prévisions plus fines, des alertes précoces et des services climatiques adaptés aux secteurs clés. En attendant le déploiement total et effectif, des producteurs rencontrés à Bouaké, Korhogo, Soubré ou San Pedro continuent de produire sans accès direct à des informations agro-météorologiques exploitables.
Encadré | Prévision agro-climatique 2025 : une saison praticable… sous conditions

Le débit de la rivière a tari à Tabako. Crédit photo : Bony Valéry
Ce que racontent les producteurs sur le terrain n’a rien d’une intuition isolée. La prévision agro-météo 2025 publiée par la SODEXAM confirme une saison des pluies annoncée globalement proche de la normale, mais marquée par une forte instabilité spatiale et temporelle.
https://drive.google.com/file/d/1PrnCCzH582fxPTRLFPAGIjVMFtFfXCn/view?usp=sharing
Les pluies ont été annoncées, pas forcément au bon moment, ni au bon endroit. Le document alertait sur des séquences sèches possibles en pleine saison agricole, des interruptions de pluie susceptibles de compromettre la germination et des épisodes de pluies intenses concentrées sur de courtes périodes.
Face à ces risques, la SODEXAM a recommandé d’éviter les semis trop précoces, de privilégier les semences à cycle court ou moyen, d’échelonner les mises en place et de suivre régulièrement les bulletins météorologiques locaux. Il ne s’agissait pas d’une garantie de bonne campagne agricole, mais d’un outil d’aide à la décision fondé sur des probabilités. La prévision réduit le risque, sans supprimer l’aléa climatique.
Innovations et adaptation

Station automatique du CIFOR-Icraf à Soubré. Crédit Photo : Bony Valéry
Le CIFOR-ICRAF, pour sa part, déploie des solutions basées sur la nature. À Ndriagui, les producteurs décrivent des pratiques visibles : agroforesterie, amélioration de l’humidité des sols, diversification des revenus. Ici, la résilience cesse d’être un slogan. Le Dr Amani rappelle qu’un décalage de dix jours dans les dates de semis peut sauver ou ruiner une campagne.
Le dernier kilomètre

Commerçante au marché de la Carena. Crédit photo : Aude-Carole Séry
Entre la station météo et la parcelle, il ne reste pas seulement un « dernier kilomètre ». Il reste une chaîne de traduction à reconstruire : transformer la donnée en conseil, le conseil en décision, la décision en rendement, puis en prix supportables au marché.
Faute de supports traduits, de formats vulgarisés, de bulletins réguliers et d’un suivi-évaluation crédible, la décision agricole continue de se prendre à l’instinct, sur la mémoire des saisons et l’observation du ciel, dans un climat qui ne respecte plus les règles d’hier.
Or, quand l’agriculture marche à vue, le marché finit par courir derrière. La commercialisation devient alors une seconde ligne de front. L’OCPV le rappelle : réduire l’asymétrie d’information, faire descendre les signaux de marché, structurer la mise en relation, rapprocher les lieux de vente, renforcer le stockage et la conservation.
Autrement dit, traiter le dernier kilomètre climatique en même temps que le dernier kilomètre commercial. À défaut, la rareté continuera de s’écrire en hausse de prix.
Deux kilomètres à franchir — celui de l’information qui descend et celui de l’offre qui se sécurise — pour prémunir la Côte d’Ivoire d’un éventuel choc vivrier. Dans l’attente, sur les marchés, la météo ne se commente pas. Elle se paie cash.
Réalisée dans le cadre d’un projet d’enquête-pilote, avec l’appui de la SODEXAM sur le thème Météo et production agricole : comment les prévisions météorologiques sont-elles exploitées par les payssans et les agences techniques d’appui ? «
