Economie

Côte d’Ivoire – Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : les avoirs criminels saisis ont généré 3,2 milliards FCFA

En trois ans d’existence, l’AGRAC revendique un stock de saisies inédit (navire, véhicules, immeubles, comptes bancaires) et annonce plus de 3,2 milliards FCFA issus de ventes aux enchères. Des montants conservés en attendant l’issue judiciaire.

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) indique avoir procédé à la saisie de plusieurs catégories de biens et à la vente aux enchères d’une partie de ces actifs, générant 3 229 876 157 FCFA, soit environ 3,2 milliards FCFA, depuis sa mise en place.

L’information ressort d’une communication de l’AGRAC dont www.letau.net a reçu copie. Intitulée, « Illustration pratique des mécanismes de recouvrement et de valorisation d’actifs criminels » ; le document dresse un inventaire de grande ampleur : 1 navire (le Najlan), plus de 800 véhicules (dont 686 voitures), 116 biens immobiliers et 228 comptes bancaires.

Le patrimoine criminel ne se limite pas aux actifs les plus visibles. L’AGRAC fait aussi état de 5 316 téléphones et tablettes, 9 305 pièces détachées, 69 têtes de bétail, des bijoux, ainsi que d’importantes saisies de produits agricoles. Autant d’indices d’une économie souterraine multiforme : logistique, revente, fraude, circulation de stocks, et équipements utilisés dans les chaînes d’infraction.

C’est toutefois la valorisation qui retient l’attention.  Dix ventes aux enchères dont 6 en 2025 ont permis d’atteindre le total de 3 229 876 157 FCFA.

L’AGRAC précise que ces montants ne constituent pas un « gain » immédiatement mobilisable. Les fonds issus des enchères sont conservés et restent soumis à l’issue de la procédure / décision irrévocable, mainlevée ou restitution. En clair, l’enchère est présentée comme un outil de gestion : elle permet de transformer certains biens coûteux à garder ou susceptibles de se dégrader (véhicules, stocks, matériels) en liquidités traçables, dans l’attente du verdict.

Créée par le décret n°2022-349 du 1er juin 2022, modifié par le décret n°2022-982 du 21 décembre 2022, l’AGRAC a pour mission d’exécuter les décisions de gel, saisie, confiscation, d’assurer la gestion des biens confiés, de recouvrer les avoirs concernés et d’exécuter les décisions de restitution.

En Côte d’Ivoire, on sait désormais compter les biens du crime. Reste à prouver qu’on sait aussi compter… ce qu’ils deviennent. Trop souvent l’argent sale ne meurt pas. Il change juste de propriétaire.

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