Société

Conseil économique et social : Après la condamnation de Ben Badi, le flou embarrassant sur les critères de nomination.

À la suite de la condamnation de Abdoulaye Traoré dit Ben Badi, ex international ivoirien des Eléphants de football, membre du Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), www.letau.net a joint au téléphone le CESEC, le mardi 28 avril 2026 à 11h43, pour en savoir plus sur le mode de désignation de ses membres.

Ce mardi 28 avril 2026 à 11h43, www.letau.net a joint par téléphone le département communication du CESEC. Objectif : comprendre le mode de désignation des conseillers économiques, sociaux, environnementaux et culturels, mais aussi savoir si une enquête de moralité est menée avant leur nomination.

À l’autre bout du fil, la réponse du sous-directeur de la communication laisse songeur. À la question de savoir s’il existe une enquête de moralité préalable, celui-ci répond :

« Il va falloir rentrer en contact avec la hiérarchie… c’est une question très délicate. »

Délicate ? Elle est pourtant d’intérêt public.

Le CESEC n’est ni une association de quartier ni un club privé. C’est une institution de la République. Une institution constitutionnelle, censée représenter les forces vives de la Nation dans les domaines économique, social, environnemental et culturel. Ses membres sont nommés pour cinq ans par décret du Président de la République, parmi des personnalités issues des différentes couches socioprofessionnelles du pays.

À ce niveau de responsabilité, la question de la moralité, du parcours et de la probité des personnalités nommées ne peut pas être traitée comme une curiosité indiscrète. Elle relève de la transparence institutionnelle.

Car au fond, la vraie question n’est pas seulement de savoir qui nomme. Le décret présidentiel répond à cela. La vraie question est ailleurs : sur quelle base nomme-t-on ? Quels filtres sont appliqués ? Quelles vérifications sont effectuées ? Le casier judiciaire est-il consulté ? Le parcours public des personnalités proposées est-il examiné ? Existe-t-il une procédure formelle, ou tout repose-t-il sur des arbitrages politiques et administratifs peu lisibles ?

La condamnation de Abdoulaye Traoré dit Ben Badi donne à ces interrogations un écho particulier. Elle ne suffit pas, à elle seule, à conclure à une faille générale du système de nomination. Mais elle oblige à poser la question du mécanisme. Et surtout, elle rend difficilement acceptable le silence gêné d’une institution publique face à une demande aussi élémentaire.

Dans un pays où certaines démarches administratives ordinaires peuvent donner lieu à des vérifications de moralité, il serait pour le moins paradoxal que la nomination à une institution constitutionnelle s’affranchisse de tout filtre préalable clairement établi. Si de telles vérifications existent, le CESEC gagnerait à les expliquer. Si elles n’existent pas, le débat mérite d’être ouvert.

L’épisode est d’autant plus embarrassant que les conseillers économiques, sociaux, environnementaux et culturels ne sont pas de simples figurants institutionnels. Ils sont censés éclairer les pouvoirs publics, porter la voix des composantes de la société et contribuer à la réflexion nationale sur les grandes orientations du pays. Leur légitimité ne peut donc pas seulement tenir à un décret. Elle repose aussi sur la confiance que leur inspire l’opinion.

Or, cette confiance se construit par la clarté. Pas par les réponses évasives. Pas par les silences administratifs. Encore moins par cette vieille formule ivoirienne du “voyez avec la hiérarchie”, souvent servie lorsque la question commence à déranger.

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