
Cacao – 1 200 FCFA le Kg : en grève, des planteurs déclinent l’offre et se disent déterminés à déloger Yves Brahima Koné.
Depuis ce mercredi 16 septembre 2026, les producteurs de cacao sont entrés en grève illimitée. Ils dénoncent la gestion de la filière, les stocks invendus de la campagne précédente et réclament le départ de Koné Brahima Yves, Directeur général du Conseil Café-Cacao.
Au cours d’un point de presse organisé ce 16 septembre 2026 à son siège au Plateau, Koné Moussa, président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), ne s’est guère embarrassé de formules diplomatiques.
« Nous rentrons dans une grève illimitée à compter de ce mercredi 16 septembre 2026. Le mouvement est largement suivi sur toute l’étendue du territoire. Les producteurs sont plus que remontés cette fois-ci. C’est un bras de fer entre la direction du Conseil Café-Cacao et nous. Nous n’allons pas commercialiser notre cacao. Soyez-en sûrs, le cacao ne va pas remonter sur Abidjan. Il est préférable de perdre une année que de répéter les échecs chaque année », a-t-il prévenu. La décision, précise-t-il, fait suite au mutisme des autorités après le dépôt d’un préavis auprès de Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières.
Départ exigé
« Nous exigeons le départ de Koné Yves Brahima de la tête du Conseil Café-Cacao. D’une manière ou d’une autre, nous allons le déloger », a lâché Koné Moussa. Le 1er septembre 2026, dans un entretien accordé à www.letau.net, il avait déjà annoncé les couleurs : « L’État doit prendre ses responsabilités. Nous allons demander au président de la République de choisir entre nous et le patron du Conseil Café-Cacao». Son organisation revendique 82 000 membres.
Le prix et les stocks
À l’origine de la tension, le prix de 1 200 FCFA le kilogramme annoncé pour la campagne 2026-2027, alors que les producteurs traînent encore les stocks invendus de 2025-2026. Dans son préavis référencé BN SNP/CR-CNA 02-09-26/084, dont www.letau.net a reçu copie, le SYNAP-CI réclamait la prise en charge immédiate des stocks résiduels et une révision des mécanismes de fixation du prix et de sécurisation du revenu du producteur.
Koné Moussa en veut particulièrement au système de vente par anticipation. « Dans un premier temps, nous étions contents parce qu’on pensait que cela mettrait fin aux problèmes des paysans. Nous nous sommes malheureusement rendu compte que ce système ne marche pas. Et lorsqu’il y a un blocage, c’est le producteur qui est sacrifié. » Dès l’annonce des 2 800 FCFA de la campagne précédente, affirme-t-il, il avait alerté : « On a vu le marché et on a constaté que le prix annoncé n’était pas réalisable. »
La campagne vient à peine de commencer. Le cacao est dans les plantations, les revendications dans la rue. Si le mot d’ordre est suivi, ce ne sont pas seulement les fèves qui resteront sur place.
