
Crise dans la filière Café-Cacao : En colère, les producteurs fixent un ultimatum et annoncent une grève.
Les producteurs de café-cacao brandissent un préavis de grève nationale si leurs stocks ne sont pas enlevés d’ici le mardi 31 mars 2026. Ils en ont fait l’annonce, ce jeudi 26 mars 2026, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la Bourse du travail, sise à Treichville.
Réunis à la bourse du travail à Treichville ce jour, les producteurs de café-cacao ont crié leur ras-le-bol face à la situation de crise dans leur filière. Au cours d’une rencontre avec les journalistes où ils ont annoncé une grève sur toute l’étendue du territoire. « Si d’ici le lundi, ils n’ont pas commencé à appeler les coopératives pour valider les encaissements, le mardi matin vous savez déjà ce que vous devez faire. Nous allons entrer en grève. On est arrivé à un moment important. Soit on continue ou on quitte dedans », a menacé Thibault Yoro, le Secrétaire général de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) dans la filière café-cacao.
Dans leur viseur, le directeur général du Conseil Café-Cacao, Ibrahima Koné, dont la gestion est désormais ouvertement contestée. Pour ces acteurs de la filière, la campagne 2025-2026 n’est pas seulement décevante. Elle est, le symbole d’un pilotage à vue devenu insoutenable. Car derrière les chiffres, c’est une réalité plus rude qui se dessine. 60 000 tonnes de cacao encore bloquées, des producteurs étranglés financièrement, et un sentiment grandissant d’abandon. « Trop, c’est trop », semblent dire les producteurs en chœur , refusant désormais de porter seuls le poids d’une crise qu’ils n’ont pas créée.
Causes…
Si la conjoncture internationale est pointée du doigt, les producteurs dénoncent surtout des erreurs internes. En ligne de mire les dysfonctionnements dans l’attribution des volumes et, surtout, la modification du calendrier de commercialisation. En avançant la campagne intermédiaire au 1er mars 2026, une partie de la production s’est retrouvée payée à 1 200 FCFA/kg au lieu de 2 800 FCFA/kg. Une chute brutale qui représente une perte de 1 600 FCFA/kg. Pour des milliers de producteurs, c’est tout simplement un gouffre financier.
Face à la tempête, un fonds spécial de 291 milliards de FCFA a été mobilisé pour absorber 100 000 tonnes de cacao. Mais sur le terrain, les résultats se font attendre. Pire, près de 60 000 tonnes restent invendues, et la gestion de ce fonds alimente soupçons et incompréhensions.
Les producteurs demandent désormais des comptes. Ils exigent un audit indépendant, un comité paritaire et des mesures immédiates pour garantir un paiement juste de leurs récoltes. En clair, ils ne veulent plus de promesses, mais des actes. Car au fond, la crise actuelle dépasse la seule question du cacao. Elle pose une interrogation plus large : celle de la gouvernance d’un secteur stratégique pour l’économie ivoirienne.
Au regard de la tournure des évènements. on peut aisément dire qu’à défaut d’être bien vendu, le cacao ivoirien aura au moins réussi une chose : mettre tout le monde d’accord… sur le fait que quelque chose ne tourne pas rond dans la filière.
