
Affaire Epstein : Enfin une voix dans ce silence assourdissant, celle du Pdci-Rda…
En politique, il y a les paroles qui engagent et les silences qui accusent. Dans l’affaire Jeffrey Epstein, dont les échos atteignent désormais les rives d’Abidjan, le PDCI-RDA a choisi de parler. Une prise de position rare, dans un paysage politique étrangement aphone…
« Le PDCI-RDA suit avec une grande préoccupation les développements internationaux liés à l’affaire Jeffrey Epstein, citoyen américain, personnage mondialement connu non pour ses activités financières, mais pour son implication dans un vaste réseau d’exploitation sexuelle de mineurs », peut-on lire dans le communiqué , publié le 17 février 2026.Par ces mots, le parti dirigé par Tidjane Thiam a officiellement brisé une omerta politique qui, jusqu’ici, enveloppait cette affaire aux ramifications mondiales.
Gravité…
Pour le PDCI, l’enjeu dépasse le simple registre politique. Il touche à la moralité publique, à la crédibilité de l’État et à la protection des plus vulnérables. « Le gouvernement ivoirien ne peut pas se réfugier derrière le silence », martèle le communiqué, rappelant que la vérité est un devoir lorsqu’il s’agit de soupçons aussi graves. Dans son communiqué, le Pdci insiste sur la gravité exceptionnelle du scandale. Il évoque « des réseaux d’influence opaques » et »des systèmes de protection au plus haut niveau dans plusieurs pays y compris la Côte d’Ivoire’‘. Sans formuler d’accusations directes, le parti pose une série de question lourde de sens. Les autorités ivoiriennes avaient elles connaissance du passé judiciaire d’Epstein ? Des interactions ont-elles existé avec lui ou son réseau ? et si oui, dans quelles conditions ?
Ramifications mondiales…
L’affaire Epstein, du nom de ce financier américain condamné aux États-Unis pour crimes sexuels impliquant des mineures, continue de produire des secousses internationales. Ses réseaux, ses fréquentations et ses connexions avec des cercles d’influence ont fait trembler des institutions réputées intouchables.
Nina Keita…
En Côte d’Ivoire, certaines publications et discussions médiatiques évoquent des noms liés aux sphères du pouvoir, dont celui de Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara. À ce stade, aucune autorité judiciaire ivoirienne n’a confirmé ces éléments ni communiqué officiellement sur ces allégations. Mais en matière de réputation internationale, le doute agit comme une tache d’encre : il s’étend plus vite que les démentis. Le risque est clair : voir l’image du pays associée, même indirectement, à l’un des scandales les plus sordides de ces dernières décennies.
Silence…
Face à une affaire d’une telle gravité, une question s’impose : pourquoi les autres partis politiques se taisent-ils ? Ni le Ppa-Ci de Laurent Gbagbo, ni le Mgc de Simone Ehivet Gbagbo, encore moins le Cojep de Charles Blé Goudé, et la force politique de Ahoua Don Melo n’a réagi. Quid des micros partis qui meublent l’espace politique ivoirien et qui se sont manifestés pendant les dernières élections. Aucune sortie officielle. Pourtant ces partis sont d’ordinaire prompts à dénoncer, commenter ou instrumentaliser le moindre fait susceptible d’affaiblir leurs adversaires. En un mot, les formations politiques ivoiriennes observent une réserve presque parfaite.
Malaise…
Ce silence peut relever de la prudence, tant les implications internationales sont sensibles. Mais il peut aussi révéler un malaise plus profond : celui d’un système politique où la vérité, lorsqu’elle menace certains équilibres, devient une matière inflammable que chacun préfère ne pas manipuler. Car en démocratie, le silence n’est jamais vide. Il interroge.
Crédibilité…
Au-delà des rivalités partisanes, c’est la crédibilité de l’État ivoirien qui se trouve en jeu. Dans un monde où l’information circule sans frontières, l’absence de clarification officielle peut être interprétée comme une incapacité à affronter les zones d’ombre. Le PDCI, en posant publiquement la question, force désormais le débat. Non pas sur la base d’accusations, mais sur celle d’un principe fondamental : la transparence. Car lorsqu’un pays est cité, même indirectement, dans une affaire de cette nature, le silence ne protège pas. Il expose.
Finalement on dira qu’en Côte d’Ivoire, les partis politiques ont souvent des voix puissantes, capables de couvrir le bruit des foules et des campagnes. Mais face à l’affaire Epstein, beaucoup semblent avoir découvert une nouvelle stratégie : parler très fort… en ne disant absolument rien.
