
Attachons nos ceintures !
Les prix de l’essence et du gasoil à la pompe ont fini par prendre l’ascenseur. Hasard du calendrier, le 1er mai. Au moment où les travailleurs, revendications sous le bras, discours bien affutés, s’apprêtaient, vêtus de leurs plus beaux uniformes, à soumettre leurs doléances pour un peu plus de moût.
Dans une analyse parue le 11 mars, « Essence, gaz, riz, transport : ces guerres lointaines qui accentuent la cherté », www.letau.net tirait déjà la sonnette d’alarme. Les missiles échangés au Moyen-Orient entre les États-Unis et Israël d’une part, l’Iran de l’autre, allaient finir par exploser dans le panier de la ménagère au marché Bagnon de Yopougon ou au Forum d’Adjamé.
Consulter l’article : Quand les guerres lointaines affectent les ménages en Côte d’Ivoire
Prophète avant l’heure ? Pas du tout. Il suffit parfois d’observer le cours des événements pour en déterminer les issues probables.
Dans le cas d’espèce, c’était plus qu’une évidence. En dépit du fragile cessez-le-feu en vigueur, les prix de l’essence et du gasoil à la pompe ont fini par prendre l’ascenseur. Hasard du calendrier, le 1er mai. Au moment où les travailleurs, revendications sous le bras, discours bien affutés, s’apprêtaient, vêtus de leurs plus beaux uniformes, à soumettre leurs doléances pour un peu plus de moût aux autorités. Quel immense bonheur !
On peut saluer les efforts du gouvernement pour amortir l’onde de choc de la crise énergétique qui sévit. Des efforts qu’on ressort à chaque hausse et qu’on décrit comme le signe de la magnanimité de nos décideurs. Malheureusement, des efforts dont le consommateur à la pompe ressent rarement les bienfaits concrets. Force est donc d’admettre, avec les partisans d’Ahoua Don Mello, que la flambée du 1er mai reste ce qu’elle est : « une escalade de la cherté de la vie à la pompe ».
Si pour l’heure les transporteurs, pour des raisons que l’on peine encore à s’expliquer, n’ont pas encore donné de la voix, tant les mots leur manquent certainement, une question demeure. Jusqu’à quand vont-ils garder le silence, accepter de supporter seuls cette charge sans la répercuter sur le coût du transport ? Jusqu’à quand les commerçants consentiront-ils à prendre sur eux ? Jusqu’à quand l’État parviendra-t-il à tenir en laisse les chevaux de la cherté pressés d’en découdre avec le portefeuille du consommateur ?
En attendant que le barrage ne cède… attachons nos ceintures, serrons les dents, et gouvernons nos revenus qui ne suffisent jamais en conséquence.
